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Entretien avec Mohammed Saadi, P-DG de Berbère Télévision
18/02/2008 01:55
''BRTV est une chaine au service de la langue berbère''
Mohamed Saadi est un homme très discret. C’est à peine d’ailleurs si certains “avisés” en Algérie savent qu’il est le créateur et propriétaire de Berbère TV. Sans son concours, La Colline oubliée, le film, n’aurait sans doute jamais vu le jour à la date où il est sorti. Bouguermouh lui a témoigné d’ailleurs sa reconnaissance ouvertement sur les colonnes du journal français le Monde.
Dans son cabinet d’expert comptable parisien, il compte des clients de renom meublant la place du showbiz français. Il est dans le " Who’s who " français de 2008, " le dictionnaire biographique de ceux qui comptent en France", pour reprendre cette expression de Google. Mais le succès ne lui est jamais monté à la tête. Il a reçu notre reporter dans ses bureaux des Champs-Elysées pour lui parler comme il ne l’a jamais fait. Il évoque son parcours militant pour la cause berbère, les détails de la création de Berbère TV, l’actualité de la chaîne, sa mise en clair dès avril prochain durant la tranche horaire de nuit, le lancement de deux autres chaînes berbères en septembre, d’autres projets, son attachement à ses racines, et plein d’autres sujets…
La dépêche de Kabylie : M. Saadi, le monde amazigh reconnaît votre engagement dans le combat culturel berbère. Vous passez aussi pour une grande personnalité dans le milieu du show biz parisien où vous jouissez d’une grande notoriété. En témoignent pour vous vos bureaux attenants à la plus célèbre avenue de France si ce n’est du monde, les Champs-Elysées, et vos relations. Mais, vu de là-bas, vous restez un mystère pour vos concitoyens les Kabyles…
Mohammed Saadi : Ils connaissent Berbère TV (BRTV), c’est le plus important.
C’est de la modestie ?
Vous savez, c’est comme quelqu’un qui fait de la musique, un musicien, un chanteur, ce qu’on retient de lui, c’est ce qu’il nous donne. Parfois on est loin de lui, on ne voit pas sa tête mais sa musique nous accompagne. D’ailleurs parfois même après leur disparition, leur musique est toujours là à nous bercer. C ’est la même chose pour les écrivains… Donc si vous voulez, dans mon cas, Berbère TV parle pour moi.
Mais sinon, vous êtes bien parti de quelque part…
Historiquement, on est originaire des Ouadhias. Ma famille a été expulsée en 1870, on a même retrouvé les documents dans les archives de l’armée française ici en France.
La raison, c’est qu’à ce moment-là, ma famille avait pris faits et causes pour l’arrivée de Cheikh El Mokrani.
On a été donc exproprié, nos terres sont à l’entrée des Ouadhias. Moi, je suis né à Alger, mon père et mon grand-père paternel aussi d’ailleurs. Donc si vous voulez, on est Algérois depuis un bon bout de temps.
Mais ça n’a rien enlevé à mon attachement à la Kabylie. Je me rappelle, quand j’étais enfant, mon père nous amenait avec mes frères là-bas, et je me souviens toujours de cette émotion que j’avais à chaque fois qu’on traversait les Issers, et surtout quand on arrivait à l’entrée de Tizi Ouzou pour bifurquer à droite, en nous enfonçant dans ce défilé de paysage qui nous amenait vers le Djurdjura. Je vivais quelque chose d’impressionnant au fond de moi.
Et là je me dis aussi loin que je peux remonter le temps, je sais d’où je viens, et je n’ai pas perdu de vue d’où je suis parti. Mes racines sont une partie intégrante de moi dont je ne pourrais me défaire là ou je suis. C’est une dimension très affective ancrée en mon intérieur.
Vous êtes aujourd’hui à la tête d’un grand cabinet d’experts comptables implanté au cœur des Chanps-Elysées, vous habitez en plein centre de Paris, propriétaire de l’unique chaîne de télévision berbère au monde. On peut dire que vous avez fait bien du chemin dans votre vie professionnelle. Si on revenait un peu sur vos débuts ?
J’ai fait mes études à Alger. J’ai fait les finances. Au fait, j’ai toujours voulu devenir expert comptable, même si au départ j’étais également fasciné par les plans, l’architecture, le génie civil.
J’ai acquis cette passion pour les finances en allant périodiquement à l’entreprise de mon frère qui avait une grande affaire en Algérie. J’ai été frappé par l’indépendance que pouvait avoir ce secteur vis-à-vis de l’entreprise.
Voilà, tout et parti de là, et par la suite j’ai préparé mes diplômes à partir d’Alger par correspondance dans un institut français.
J’ai débarqué en France à la veille des examens. J’avais tout fait pour réussir, et c’est donc comme ça que je suis arrivé ici avec ces titres qui me permettait d’accéder à l’itinéraire d’expert comptable. J’ai entamé ma carrière en France en 1981.
Ce fut un chemin sinueux. Difficile d’arriver là où vous êtes ?
Je n’ai pas vraiment rencontré d’obstacles devant moi. Aujourd’hui quand je réalise ce que je vis : J’ai mes bureaux aux Champs-Elysées, je suis à deux pas du Fouquets (Le célèbre restaurant où Sarkozy a fêté sa victoire), il y a deux minutes j’ai eu une célébrité française au bout du fil…là je me dis, j’ai eu de la chance dans ma vie. Je ne peux aussi que remercier ce pays, la France, qui m’a accueilli, et qui me permet d’être là, de m’avoir assuré les conditions qui m’ont permis de m’épanouir. J’ai ouvert ce cabinet en juillet 1989. Avant de m’installer à mon compte, j’ai été dans un autre cabinet parisien important.
A ce moment-là, on m’avait déjà proposé de prendre la présidence du cabinet. M. Berger pour le citer allait partir à la retraite, et il m’avait fait la proposition de prendre 51 % du cabinet. J’ai été très touché par la confiance qu’il voulait mettre en moi, c’était pour moi une chance inouïe qu’il voulait me confiait malgré qu’il y avait sur place d’autres éléments plus anciens. Peut-être qu’il avait vu que j’étais entreprenant, et performant. C’était une proposition alléchante pour moi mais au bout d’une réflexion de six mois, j’ai dû pour raisons personnelles, parce qu’en fait, je voulais concrétiser mon projet personnel. Et puis ce n’était pas aussi facile de reprendre un cabinet de cette taille. A partir de là j’ai commencé mon cheminement à la base.
A voir la place que vous occupez aujourd’hui, on ne peut que dire que vous êtes arrivé à bon port, et quel port ! Les Champs-Elysées avec toutes ces stars mondiales dans votre entourage immédiat…
Cet entourage est dû au fait que je me suis spécialisé du monde artistique. J’ai développé ce cabinet autour d’un certain nombre d’axes, et de métiers que sont la musique, le cinéma, le spectacle, la mode, la télévision… Nous sommes quelque trente-cinq collaborateurs dans ce cabinet, l’un des premiers en France dans ce secteur, nous avons une bonne renommée et réputation sur la place de Paris. Ce qui fait qu’on a la confiance de certains grands noms qui nous confient leurs dossiers.
Vous voulez citer quelques noms ?
Sans les citer, je peux juste vous dire que le monde a l’opportunité de les voir en regardant TF1, France 2, France 3, Canal +. Nos clients sont aussi des éléments de l’équipe de France de football. Sur les plateaux de samedi ou dimanche soir de TF1 ou France 2, autour de la table, il y a toujours des clients de notre cabinet, qu’ils soient présentateurs, producteurs, des artistes invités…
C’est ce milieu que vous côtoyez aujourd’hui, et votre attachement à vos origines kabyles qui vous ont poussé à créer Berbère Télévision ?
Ce qui m’a amené à créer Berbère TV, c’est la même émotion que je ressentais quand je me rendais en Kabylie à l’âge de sept, huit ans. Le projet, moi je le qualifie de miracle qui s’est réalisé. ça me tenait à cœur de concrétiser des défis comme ça, de haute facture pour donner une autre dimension à notre culture. C’est dans cet esprit que, précédemment, j’avais coproduit et distribué le film La colline oubliée ici en France. Et c’est à ce moment-là que j’ai eu l’occasion de réaliser l’engouement des gens pourde leur culture. C’est vrai que je m’y attendais un petit peu car c’est une œuvre avant tout de Mouloud Mammeri. Mais l’élan que ça avait drainé était extraordinaire. Tout le monde s’était mobilisé pour porter ce film. Je citerais l’apport de mon frère Mustapha, et celui du large mouvement associatif qui s’est uni pour rendre l’hommage qu’il fallait à Mammeri pour ce qu’il a apporté à la culture berbère des décennies durant. L’émotion dans les salles de projections était intense, et sincère. Donc la question à laquelle il fallait donner une réponse c’était comment continuer sur cet élan, et résorber cette frustration née de notre grande soif d’affirmer notre identité kabyle. A un moment donné j’ai été voir Mohia pour chercher un moyen de servir ce merveilleux public. Malheureusement, on n’a pas pu concrétiser grand-chose pour des tas de raisons. L’idée de la télévision m’est venue après. C’était au mois d’octobre 1998. Un jour pendant les vacances de la Toussaint, mon fils qui a aujourd’hui quatorze ans m’avait demandé tout bêtement pourquoi il n’y a pas de dessins animés en kabyle ? Je me rappelle, c’était le matin, et alors qu’on s’apprêtait à partir, lui, il était là, assis dans le salon à voir des programmes pour enfants sur TF1. Cette phrase a cristallisé ce défi dans ma tête. Car, au fond, elle faisait tout simplement éclater au grand jour la frustration subie par nos enfants, nos mères, et grand-mères qui ne connaissent aucune autre langue. Et j’étais bien conscient de ce manque, car je n’ai jamais coupé les ponts avec la Kabylie. Je m’y suis toujours rendu de manière régulière même pendant les années les plus sombres. Et je me rappelle de cette fois, alors qu’on étaient en route avec ma mère, et mon frère, je n’ai rien pu faire pour elle au moment où elle me demandait de mettre la radio kabyle. Parce que tout simplement la chaîne n’émettait pas encore en continue. Donc, avec la phrase de Yacine, c’est toute cette souffrance en silence d’un peuple qui est remontée à la surface. Donc si vous voulez cette phrase a été quelque part le facteur déclenchent qui m’a poussé à assumer ma responsabilité envers cette culture en tant qu’individu. Immédiatement j’ai été acheter une trentaine de bouquins au boulevard Saint-Germain pour voir comment faire. C’est avec ces livres dans la malle de la voiture que nous sommes partis en vacances. ça a duré plusieurs mois, j’ai traversé des hauts et des bas, je suis allé un peu partout, en Hollande, en Allemagne, et ce n’était pas du tout évident d’y arriver avec tout ce que j’ai vu. Cela paraissait quelque chose d’impossible à réaliser. C’était quasiment une entreprise hors d’atteinte. Mais est-ce qu’il fallait pour autant baisser les bras ? Ma conviction m’a toujours dit non. Et le sacrifice a fini par être payant en décembre 1999. C’est à ce moment-là que Berbère Télévision a été créée.
La chaîne a démarré modestement. Aujourd’hui, elle émet H/24. Une grande performance en soi en peu de temps. Vous êtes satisfait de ce qui a été accompli ?
A voir d’où on est parti, globalement on ne peut que se réjouir aujourd’hui mais de nature, l’être humain restera toujours cet éternel insatisfait. Mais le problème c’est que dans ce genre de projets parfois, on arrive à des situations qui vous dépassent. Car créer une télé, c’est synonyme d’engagements pris à l’égard de gens que vous ne connaissez pas, et qui tiennent en vous. Et là vous n’avez pas le droit ni à l’échec, encore moins à vous arrêter, et revenir en arrière. Quand je pense encore à cette déclaration dans le journal Le Monde " : " Même au plus profond de mes rêves, jamais je n’aurai pensé voir une chaîne de télévision naître… Ce n’est pas possible de voir Berbère TV s’arrêter. Ce n’est pas une simple chaîne musicale, ce n’est pas une chaîne comme une autre. ça aurait été ramener les gens trente ans en arrière. Car il s’agit à travers Berbère Télévision d’une langue, d’une culture qui s’est affirmée à la face du monde, c’est un symbole, un grand élan, ce n’est pas rien une chaîne berbère sur satellite. Cela véhicule notre détermination à tenir à notre langue. Maintenant telle qu’elle est, Berbère TV reste un bébé qui a besoin d’être accompagné, et à qui on doit tracer un chemin, le plus loin possible. Ce fut une entreprise difficile à mener à bout mais humainement, elle fut une expérience qui m’a apporté une richesse infinie à l’intérieur. Je vois toujours une tendresse singulière aux gens qui me serrent la main en réalisant qui je suis. Et ça, ça vaut toutes les richesses du monde. C’est pour moi une récompense éternelle. Et c’est pour cela que la chaîne doit durer. Heureusement pour moi, j’ai une formation qui se prête à ce domaine : Je sais ce que c’est travailler à long terme, investir, mais en même temps j’ai besoin de l’apport de la population, tout au moins celle qui se reconnaît en cette chaîne, pour m’aider à la porter, et continuer à faire vivre ce projet qui nous tient tous à coeur.
Etes-vous conscient des attentes des téléspectateurs, notamment kabyles qui attendent une amélioration des programmes avec une grille plus riche, et régulière ? Aussi leur espoir est grand de voir la chaîne un jour en clair…
Mais je trouve leurs attentes légitimes, c’est normal. Chacun aspire toujours, chaque jour que Dieu fait, à ce que demain soit meilleur qu’aujourd’hui. Et comme, en plus ils ont de l’affection pour cette chaîne, ils veulent qu’elle progresse aussi. Sauf qu’il y a des contraintes, et ce contenu qui doit être amélioré coûte excessivement cher, le satellite autant. La chaîne dispose d’un budget qui est ce qu’il est, et dans le manque, on est contraint de le dédier au plus urgent. La chaîne est maintenue sur satellite, elle est présente sur les réseaux câblés… Une chaîne de télé pour qu’elle puisse vivre, soit elle est étatique, donc alimentée par l’Etat, ou elle est indépendante, donc alimentée par les ressources publicitaires. Et dans notre cas, l’accès à la publicité est plus difficile vu son caractère culturel malgré l’importance de son audience que ce soit ici en France ou en Algérie.
A l’occasion j’en profite pour remercier les annonceurs qui nous accompagnent. Cela dit l’apport de la population est primordial pour soutenir cette indépendance de la chaîne, et c’est pour cela qu’on est contraint de la faire passer par le mode du cryptage. Mais sinon, moi je ne demande qu’à l’améliorer davantage, avec de nouveaux programmes de sports, de reportages, de films…, et à la mettre en clair aussi. Sauf que pour cela, il faut des revenus donc beaucoup de publicité. Et au jour d’aujourd’hui, je pense que le téléspectateur s’est rendu compte qu’il n’y a pas de flashs publicitaires, assez importants du moins, qui nous assureraient cette amélioration voulue de tous.
Si ce n’est pas trop indiscret, à combien revient le signal sur le satellite ?
Sur le plan financier, on peut dire que la chaîne est en équilibre. Le chiffre tourne autour de deux millions cinq cents à trois millions d’euros mais ce n’est pas ça qui est important. Ce qui est important c’est que la chaîne a aujourd’hui ses revenus par la publicité partiellement, et par ses abonnés en France. En Algérie ou de manière générale, en Afrique du Nord, le nombre d’abonnés est presque réduit à zéro. Là-bas, à l’instar de toutes les chaînes d’ailleurs, Berbère TV est piratée depuis maintenant plusieurs années. Nous n’avons pas de cartes en Afrique du Nord ou très, très peu. ça, il faut le savoir. On ne s’en plaint pas parce que cela nous permet d’avoir une plus large audience. Mais à partir du moment ou la chaîne est regardée par la population, et si cette dernière venait à faire l’effort de s’abonner, ça nous permettrait d’améliorer qualitativement les programmes.
Mais ils sont nombreux à chercher à s’acquérir la fameuse carte d’abonnement. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’est pas disponible chez l’électroménager du coin où l’on trouve normalement des cartes d’autres opérateurs. Disposez-vous d’un réseau de distribution ?
Oui, il existe un réseau de distribution. Sauf que lorsque les distributeurs voient que la chaîne est piratée, ils sont découragés. Ce qui fait qu’ils préfèrent arrêter l’importation de la carte. Et ça, ça crée un certain disfonctionnement dans le réseau de distribution. Et je comprends la réticence de ces distributeurs à s’approvisionner en cartes. Car ils ne sont pas surs de les commercialiser.
Quels sont vos objectifs ici en France ?
Nous visons à l’enraciner davantage dans les réseaux câblés. Et là on est disponibles à travers tous les réseaux existants. On vient même de signer un accord pour amener la chaîne jusqu’aux frontières allemandes. Elle sera aussi disponible en Belgique et au Luxembourg. Et aussi prochainement, du moins on l’espère en Hollande. Mais sinon, aujourd’hui, on couvre pratiquement tous les réseaux câblés, et ADSL ici en France, et on déborde même sur les pays limitrophes. ça n’a pas été facile d’en arriver là, car au départ quand j’allais voir par exemple Noons (Un réseau câblé), il y a trois, quatre ans, on me demandait combien on était en France ? Est-ce que vous avez des journaux qui paraissent ici ? Avez-vous un grand centre culturel à Paris ?... Ils ne réalisaient pas l’importance de la communauté berbère en France mais en fait, ils posaient des questions très pratiques pour nous situer sur le plan marketing. C’est ce qui les intéresse eux, le nombre numérique des potentiels abonnés à générer. Il a fallu convaincre.
Vous avez procédé récemment à l’extraction de la chaîne du bouquet TPS au sein duquel elle était intégrée précédemment. Voulez-vous nous expliquer les motivations d’une telle entreprise ?
D’abord il faut savoir que le bouquet TPS arrêtera sa diffusion au courant de cette année 2008. Canal Satellite qui est sur le 19°, donc Astra, a fusionné avec TPS. C’est bien sûr Canal qui a racheté TPS. Et de nos jours, ici en France, les intervenants de Canal sont en train de tourner toutes les paraboles des abonnées de TPS pour les amener vers la position Astra en prévision de l’arrêt définitif de TPS prévu très prochainement. Donc à ce moment-là, il ne restera qu’un seul grand opérateur de télévision sur le satellite en France qui s’appelle Canal Satellite.
Du moins selon les prévisions du moment, car il se peut qu’il y aura de nouveaux opérateurs qui verront le jour dans les prochains mois. C’est pour cela qu’à un moment, on ne devait que se poser la question sur la présence de Berbère TV dans le bouquet TPS. Donc d’un commun accord avec la direction de ce bouquet on a décidé d’arrêter la diffusion sur ce bouquet tout en restant sur le 13°. Et par la suite on a entamé des discussions avec Canal Satellite pour une future intégration.
Où en sont ces discussions aujourd’hui ?
Elles continuent d’avancer. Ce qu’il faut savoir c’est qu’il faut un budget beaucoup plus conséquent pour diffuser à travers Canal Satellite. Ce qui veut dire qu’il faut penser à la fois, à la population qui est ici, et celle qui se trouve en Afrique du Nord. Si on va sur Canal Satellite, donc on risque de ne plus être sur le 13°.
Si on veut être sur les deux positions à savoir rester sur le 13°, et en même temps faire notre entrée sur Canal Satellite sur le 19° (Astra), il nous faudra assurer un effort budgétaire, et à ce moment-là, il faudra bien maîtriser les choses. Donc si vous voulez, nous sommes en train de réfléchir sur la meilleure manière d’entrée au courant de cette année sur Canal Satellite tout en maintenant notre actuelle position sur le 13°. Et j’espère qu’on va y arriver.
Avec le cryptage de la chaîne, pas mal de rumeurs ont suivies la frustration des fidèles de la chaîne qui ne savent plus ni qui encore quoi croire. ça et là, il a été laissé entendre que Berbère TV projetait de se mettre en clair durant la tranche horaire de nuit. Vous le confirmez ?
Vous savez, à partir du moment où la chaîne est piratée, elle est de fait en clair. Cela dit, c’est vrai que certains éprouvent certaines difficultés à y accéder. Maintenant, il est vrai aussi que notre souhait est de la mettre en claire à partir du mois d’avril de 19 h à 23 h. Auparavant il y a certaines données techniques qu’il faudra ajuster. La chaîne passera d’abord à un système de cryptage plus élevé, et à ce moment-là, il ne sera plus possible de la pirater. C’est à partir de là qu’on prévoit d’ouvrir la chaîne de 19 à 23 h.
Une mesure qui sera sans doute suivie d’une révision du réseau de distribution des cartes en Algérie, et peut-être même du prix…
Effectivement, on compte bien élargir le réseau de distribution déjà existant, et notre souci aussi est de rendre la carte d’abonnement accessible aux plus démunis.
Et pour les programmes ?
On y travaille aussi sérieusement, c’est surtout la fiction qui m’intéresse. C’est un volet qui nous permettra de narrer en son et images les vécus quotidiens de la population dans chaque domaine, qu’il soit culturel, social ou autres. ça nous permettra d’ouvrir des fenêtres, et encourager des écrivains, des comédiens…
Vous faites là une belle transition pour parler du domaine de l’édition. Vous nourrissez une passion particulière pour ce créneau ?
Je préfère plutôt parler de passion personnelle. J’ai toujours ressenti une passion pour le livre, et en plus de lire, j’en ai même déjà édité un, il y a à peu près cinq ans. Ce fut un plaisir que je me suis fait à moi-même mais qui a également rencontré un écho chez les lecteurs. J’ai toujours eu ce sentiment de la nécessité de développer cette activité de l’édition pour permettre un meilleur épanouissement à notre culture. ça reste, il est vrai, un secteur très difficile mais j’essaye d’apporter ma contribution du mieux que je peux. Et dans les projets très proches, on compte éditer au courant de cette année 2008 un livre traitant du " Royaume de Koukou " avec Thierry Deslot. L’histoire se passe au 16ème siècle en Kabylie, elle concerne un bout de l’histoire de l’Algérie qu’on rendra donc accessible à qui voudra la découvrir. Nous comptons aussi éditer plusieurs ouvrages sur les rois berbères d’ici à 2009. Nous avons aussi une coédition, fin prête, avec le journal français, L’Equipe, sur la prestigieuse équipe de football du FLN. C’est un projet qui tien particulièrement à cœur, une manière pour moi de rendre un vibrant hommage à cette équipe du FLN. On l’a réalisé avec le journaliste Michel N’Aït Challal. Le livre sortira en avril prochain à l’occasion du 50 e aniversaire du départ des joueurs de France pour aller rejoindre, d’abord à Genève, puis de rentrer en Tunisie, avec l’équipe du FLN. C’est quelque chose que j’avais en tête depuis très longtemps et ma rencontre avec Michel m’a permis de concrétiser l’hommage que je voulais rendre à ces hommes qui il y a 50 ans ont sacrifié leur carrière pour rejoindre l’équipe du FLN. Et là ma pensée va à Mekhloufi, et à eux tous qui ont été quelque part derrière le grand déclenchement de Novembre 54. Aussi la présence aujourd’hui sur les cimes du football français d’un certain Benzéma, un Kabyle d’origine, montre ce que doit être l’histoire entre les peuples : Une histoire de fraternité. Mon espoir est donc d’aller avec Michel prochainement en Algérie : A Alger, Béjaïa, Tizi-Ouzou, Constantine, Oran, Annaba, Sétif, et partout où ça sera possible à travers le pays pour présenter ce livre qui sera publié par les éditions Hachette. Au chapitre des publications, on aura aussi prochainement l’édition d’un livre sur la vie, et l’œuvre de Idir.
Justement, l’artiste a laissé entendre que vous partagez avec lui son projet d’une future tournée en Algérie…
Il y a aussi le rappeur Cénic qui vient de sortir de ce même bureau qui me propose de l’accompagner en avril prochain à Alger pour la présentation de son nouvel album. Maintenant pour revenir à Idir, c’est vrai que j’ai un grand attachement, et une affection très forte à la fois pour la personne humaine très sensible, et pour l’artiste de premier plan. C’est quelqu’un qui nous a ouvert bien des horizons, et a permis à notre culture d’atteindre l’universalité, et créer un espace de partage avec les autres. ça nous a fait connaître aux autres. D’un point de vue intellectuel, il incarne un regard avisé sur l’avenir, les évènements passés ou à venir. Il a apporté beaucoup à notre culture, et c’est important qu’il retrouve son pays. C’est le genre d’aspiration dont on ne peut qu’avoir envie de partager. Et nous espérons réunir toutes les conditions pour concrétiser cela. Le projet a besoin d’être mûri car Idir ne compte pas y aller pour un spectacle mais pour une tournée à travers toutes les régions d’Algérie. Notre souhait est d’y arriver le plus tôt possible. Mais c’est vrai que pour partager l’émotion, il faut déjà que l’esprit soit disponible, et serein.
Revenons à Berbère TV. La chaîne a-t-elle eu son accréditation en Algérie ?
Oui tout à fait, depuis un an maintenant. Grâce à M. Djiar, et le travail a été accompli avec les autorités. Et les choses se passent admirablement bien, et je me félicite de cela. Les échanges que nous partageons avec les autorités sont à accréditer de très bons rapports, et Berbère TV jouit d’un bon accueil à tous les niveaux de l’Etat algérien. D’ailleurs je compte bien présenter le livre sur l’équipe de football du FLN au ministre algérien de la Jeunesse et des Sports, car il s’agit de l’histoire de l’Algérie, et je souhaite que les autorités partagent avec nous cet évènement.
Berbère TV reste toutefois une chaîne de télévision de droit français. Plus profondément vous la considérez une chaîne algérienne française, ou plutôt une française algérienne ?
Disons que c’est une chaîne qui a pour vocation de créer, et nouer des liens entre les familles de là bas, et d’ici. C’est une chaîne qui pourra consolider les liens entre deux rives condamnées par l’histoire, et la géographie à cohabiter. C’est aussi une chaîne qui assure un environnement qui garantira un meilleur épanouissement aux familles installées ici en France. ça leur permet de sentir qu’ils vivent ici aussi chez eux. C’est une chaîne qui crée des liens et contribue à faire épanouir l’activité humanitaire.
A parler de l’humanitaire, vous en gardez certainement un bon souvenir de la vague de solidarité qui a été créée autour de Berbère TV à un certain moment crucial de sa vie, il y a de cela quelques années. Peut-être un commentaire sur le sujet ?
Effectivement, à un certain moment, la chaîne a fait face à de grandes difficultés. On n’avait pas prévu le piratage massif auquel elle a été confrontée. Dans mon esprit, l’opération devait être circonscrits à une certaine partie mais malheureusement ça n’a pas été le cas, et cela a induit la chaîne à de grandes difficultés financières. Et là je ne peux pas oublier cette réaction extraordinaire de la population qui s’est mobilisée pour soutenir la chaîne. Et à ce sujet j’ai une anecdote que je n’oublierai jamais de ma vie. Car le geste m’a vraiment aidé à tenir et à rebondir. C’est l’histoire d’une carte postale qui m’est parvenue d’une jeune fille du prénom de Karima, qui avait à l’époque 12 ans. C’est tout ce que je sais d’elle. Elle m’avait écrit qu’elle souffrait beaucoup d’avoir entendu des hommes dire sur la place publique de son village que " Berbère TV allait disparaître ". Elle m’avait aussi écrit qu’elle ne pourrait pas tolérer que le son, et les images de certains présentateurs de la chaîne allaient disparaître de l’écran. Elle refusait d’accepter qu’il y ait cet échec. Elle raconte qu’elle a fait une chose extraordinaire pour aider comme elle pouvait. Elle demandait chaque jour à son père dix dinars pour acheter du Coca-Cola qu’elle n’achetait jamais en fait. Elle a réuni les dinars qu’elle avait pu prendre à son père, et elle les a mis dans l’enveloppe de la carte qu’elle nous a envoyée. C’est magique, extraordinaire, franchement, je ne trouve pas encore les mots pour qualifier un tel geste. Pour elle c’était sans doute le prix de la liberté à payer. C’est une carte qui me permet d’avoir à chaque fois une bonne raison pour tenir, et aller de l’avant. C’est plus qu’une signification pour moi. C’est le cordon ombilical qui m’a toujours nourri à chaque fois que j’en ai éprouvé le besoin. Berbère TV, c’est autant d’espoir qu’il faut continuer à nourrir. C’est ce que font nos abonnés. Nous les remercions pour la confiance qu’ils renouvellent à la chaîne à chaque fois.
Le présent se conjugue mieux pour Berbère TV. Une note d’un meilleur espoir pour clore cet entretien ?
Aujourd’hui, la chaîne se porte mieux grâce à son réseau de distribution ici en France, surtout les réseau câblés et ADSL. Nos abonnés nous permettent d’avoir des revenus réguliers et qui nous donnent l’opportunité d’intensifier la chaîne, et d’aller encore plus loin. A partir du mois de mars, elle sera sur Orange. Elle fera sa rentrée sur SFR aussi. Notre souhait aussi c’est qu’elle atteigne les Etats-Unis d’Amérique. Nous sommes en discussions. A côté de ça, on a prévu de se fixer des challenges, des montagnes à franchir : On est en train d’étudier la nécessité de nous adresser directement à la jeunesse, beaucoup plus directement à ceux qui sont en phase avec le présent. Il y a aussi cette nécessité de procéder à la segmentation de l’offre télévisuelle pour éviter qu’une partie de la population n’aille chercher ailleurs ce que vous ne lui donnez pas. C'est-à-dire qu’avec l’installation et le développement de la chaîne généraliste BRTV qui est devenue un vrai média au service du public, à côté d’elle, on prévoit le lancement, d’ici à septembre 2008, d’un bouquet composé de trois chaînes : Berbère TV, la chaîne 1ère, une autre chaîne pour enfants qui s’appellera Berbère jeunesse, et une troisième chaîne de musique celle-là. Ce bouquet sera dans un premier temps sur le réseau câblé, et par la suite sur le satellite.
Ça sera des chaînes qui émettront aussi en Berbère ?
Mais bien sûr. Car ce qu’il ne faut jamais oublier c’est que Berbère TV est une télévision au service de la langue berbère. Le vecteur principal pour lequel cette chaîne a été créée, c’est pour protéger, sauvegarder, et participer à la pérennité de cette langue. Il n’y a aucune autre intention derrière. C’est une chaîne éminemment culturelle. A côté de cela, nous pouvons faire du divertissement, de l’information, de l’amusement. Mais il faut toujours garder des contacts avec ses racines pour pouvoir se mouvoir équilibré dans le monde auquel nous appartenons. Quelqu’un qui vit une rupture avec ses racines ne pourra pas affronter l’avenir.
Par : D.C.
Source : http://www.depechedekabylie.com/read.php?id=51849&ed=MTczNw==
La rubrique "Entretien" La dépêche de Kabylie.
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Commentaire de Sam (18/02/2008 23:23) :
merci de ta visite sur mon blog et tes voeux pour mon amie Barbara. je te
fais un gros bisouxxxxxxxxxxxxxx. je t'ajouterai ds mes favoris comme
ç je passerai visiter ton blog. A bientôt
http://moroccangreatlady.vip-blog.com
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L'Algérie profonde ...Tizi-Ouzou : Yennayer ou la fête de la fécondité .
11/01/2008 04:39
Photo : prise par Arezki Ait-Ouahioune (Village de Tassaft Ouguemoune en Kabylie)
La fête de Yennayer, premier jour de l’an amazigh, revêt un moment particulier en Kabylie.Elle reste l’une des fêtes ancestrales qui résiste aux méandres du temps et au changement du mode de vie. Jour du nouvel an chez les Berbères, elle est aussi la fête de la fécondité et du renouveau. En ce mois, certains paysans plantent toutes sortes d’arbres fruitiers, notamment des oliviers. Pour d’autres, ils profitent de l’occasion pour se retrouver en famille ou entre amis et passer une soirée conviviale. À Iferhounène, et comme un peu partout dans la wilaya, cette fête donne lieu à des réjouissances communes. Chacun selon les moyens dont il dispose. Certains font la fête avec plus de modernisme et l’engouement que suscite le nouvel an 2008 est encore là pour célébrer Yennayer : les jeux de lumière et les décors de circonstance animent encore quelques espaces ! Certains commandent même des bûches et se préparent à une soirée de réveillon autour d’un couscous au poulet, comme le veut la tradition. “on doit actualiser cette fête et l’adapter à notre époque”, nous diront des jeunes de la région. Des repères qu’ils tiennent à garder, car, selon eux, “le mode de vie actuel nous éloignent un peu de nos repères culturels, c’est pourquoi l’on doit joindre les deux bouts”. Pour d’autres : “On aimerait bien que cette fête se généralise, c’est un patrimoine culturel.” Pour beaucoup, c’est un fait social, une pratique ancestrale et une fête qu’on doit pouvoir sauvegarder, comme autrefois, comme souvenir du passé et un trait d’une identité à actualiser. “C’est bien de retourner aux sources et de retrouver certaines traditions qui commencent à disparaître, comme la fête d’Anzar, le dieu de la pluie dans la mythologie berbère, et bien d’autres pratiques qui témoignent de notre histoire”, comme nous le dira Mohand, un quinquagénaire. Yennayer est aussi un moment de liesse où l’on honore les nouveaux-nés. Selon certaines traditions, à cette occasion, “on coupait un bout des cheveux du garçon, dont c’est la première coiffe, on mettait celle-ci dans du miel, puis on la conservait dans une tuile”, témoigne une vieille dame, na Tassadit. Une pratique qui, selon elle, éloigne l’enfant du mauvais sort et des maladies. À l’occasion de cette journée, on invite les proches pour un repas convivial, on leur sert du thé, des gâteaux et du couscous au poulet. “À midi, on sert des beignets et des plats traditionnels, des plats qui s’accompagnent de pain maison, “aghroum”, et puis du café. C’est le soir que le couscous au poulet est servi, “imensi n’Yennayer”, tout cela sur fond de réjouissance et de convivialité”, nous raconte-t-elle. Des réjouissances qui incluent aussi une forme de partage et de solidarité profitant à tous. Une fête de nouvel an avec toute son originalité que perpétue la tradition orale et dont la femme kabyle a su préserver la mémoire et le geste, lui donnant une dimension culturelle. C’est pourquoi ces journées restent aussi un hommage à toutes ces femmes “paysanes”, oubliées de nos temps, qui ont su faire germer le blé et tisser le burnous. Quelquefois, la fête s’accompagne de chute de neige qui plonge la région dans un vrai climat hivernal.
Espérons que ça va être le cas après-demain, 1er jour de l’an berbère.
Aussi, à tous, assegwass ameggaz… 2958.
Par : KOUCEILA TIGHILT
Source : http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=88625&titre=Yennayer%20ou%20la%20fête%20de%20la%20fécondité
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La vie, l’œuvre et le combat de Matoub en kabyle : Le livre est sorti hier...
30/12/2007 08:00
Le dixième livre écrit sur Lounès Matoub est sorti hier dans les librairies : il s’agit de “Matoub Lounès, Anazbay”. Anazbay signifie résistant en tamazight.
Le livre de Mohamed Gaya ne peut pas être de trop dès lors qu’il s’agit du premier ouvrage sur le poète écrit entièrement en tamazight. C’est d’ailleurs sur cette spécificité qu’a insisté Sadeg El Madjid, professeur au département de Tamazight de Tizi Ouzou et préfacier du livre. Ce dernier rappelle, dans sa préface, qu’en juin 1998, quand Lounès Matoub fut assassiné, l’auteur Mohamed Gaya était à Guelma, mais cette absence ne l’avait point empêché de ressentir la douleur à l’instar de tous les Kabyles, qui savaient qu’avec l’assassinat de Lounès Matoub, le combat pour la langue amazighe était fini tout comme la chanson kabyle, qui n’allait plus se relever.
“Talalit n unazbay” (la naissance du résistant) est le premier chapitre de ce livre agréable à lire car écrit dans un kabyle pur. L’auteur Mohamed Gaya a choisi de raconter Lounès Matoub en utilisant comme fil d’arianne les différents évènements qui ont marqué l’histoire contemporaine de l’Algérie tels la guerre de libération, les évènements de 1963, les premiers pas de Matoub dans la chanson, sa rencontre avec Slimane Azem, Hnifa et Idir, Matoub et les évènements de 1980 (le printemps berbère), les évènements d’Octobre 1988, le Rebelle et le mouvement culturel berbère, l’intégrisme de 1991, l’assassinat du président Mohamed Boudiaf, son kidnapping par le groupe islamique armé. Ici, l’auteur rappelle que certains Kabyles avaient osé remettre en cause l’authenticité de ce rapt.
Mohamed Gaya a même intégré dans ce chapitre le texte de la chanson Imoumen, où Matoub répond avec virulence à ses détracteurs. Enfin, l’auteur revient sur son assassinat. Mohamed Gaya rappelle que Lounès Matoub, nostalgique qu’il était, ne pouvait pas vivre à l’étranger. L’auteur explique qu’en dépit de la situation sécuritaire dégradée et des menaces qui pesaient sur lui, le Rebelle ne pouvait pas ne pas rentrer au pays kabyle. C’est cette nostalgie incontrôlable qui lui côuta la vie. Mohamed Gaya écrit que le 25 juin 1998 est un jour maudit puisqu’il a privé la Kabylie de l’être le plus cher, le plus courageux, le plus honnête et l’artiste le plus talentueux. Sans compter sa popularité phénoménale.
Pour illustrer la grandeur de l’artiste Lounès Matoub, Mohamed Gaya a repris sa discographie, la plus riche dans l’histoire de la chanson kabyle. A titre d’exemple, Lounès Matoub a édité 28 chansons dans la seule année 1979. A cette quantité énorme, s’ajoute la qualité inégalée de ses compositions musicales et poétiques, avec bien sur sa voix qui reste la plus belle de toutes.
Des poèmes en hommage à Lounès Matoub sont insérés dans la deuxième partie du livre, ainsi que des photos : celle de Lounès avec sa mère et son père, avec sa sœur Malika, avec Djamel Zenati et Sadek Akrour en 1990, avec Hakim Meddane au stade de Tizi Ouzou. En annexe, Mohamed Gaya a repris des articles de presse qu’il a jugés de portée historique comme “Le dernier jour de Matoub”, “être poète, selon Lounès” et “Regard sur la poésie de Lounès Matoub”. Mohamed Gaya a inséré, pour mémoire, tous les prix internationaux reçu par Lounès Matoub comme le prix de la mémoire de Danielle Mitterand, le prix de la liberté d’expression au Canada, le prix Tahar Djaout de la Fondation Abba…
Le livre de Lounès Matoub coûte 180 DA.
Par : Aomar Mohellebi
Les livres parus sur Lounès Matoub
- Le Rebelle/ par Lounès Matoub
- Matoub Lounès mon frère/ par Malika Matoub
- Pour l’amour d’un rebelle/ par Nadia Matoub
- Le Barde flingué/ par Abderrahmane Lounès
- Le testament/ par Abderrahmane Lounès
- Mon nom est combat/ par Yalla Seddiki
- Ayizem anda teddid/ par Rachid Mokhtari
- Lettre ouverte/ par Mohand Loukad
- Textes choisis/ par Rachida Fittas
- Matoub Lounès, le résistant/ par Mohamed Gaya
- Les dernières minutes du rebelle, anonyme
Source : http://www.depechedekabylie.com/read.php?id=49881&ed=MTY5Ng==
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DJAMEL LAHLOU : De la plume au médiator...
26/12/2007 15:06
Photo :algeroweb.com
Au feu du stylo se substitue la flamme inextinguible de la guitare.
A l’origine était le verbe. Djamel Lahlou l’utilisait à bon escient. Ecrire, c’était sa raison d’être. C’était avant le grand chambardement, avant que l’effrayante mort-en-série rende visite à l’Algérie. C’était avant la décennie de sang et de larmes qui allait plonger le pays dans les tourbillons les plus obscurs de la terreur. Oh, l’hideux et sinistre passé! Ce temps qu’on aimerait, parfois, éliminer de l’axe temporel! Mais devant le diktat de la grammaire, on se laisse faire. Aussi, que pouvons-nous faire devant la justice impitoyable du temps? Rien, sauf qu’on se contente de subir, avec fatalité. Et Djamel Lahlou en a subi, mais autrement. En effet, le 18 octobre 1993, l’artiste vient d’apprendre, à travers les journaux, l’assassinat de l’un de ses meilleurs amis, Ismaïl Yefsah. Djamel a «perdu», peut-être à jamais (du moins ce qu’il croyait), son inspiration. La parole écrite, égare peu à peu son sens. C’est fou ce que la mort, avec toute sa portée tragique, est capable de faire. Une période nécessaire pour effectuer sa traversée du désert, le temps de faire son deuil, Djamel Lahlou revient. Il rouvre les yeux. Il fait face à l’exil. Loin du pays. Au-delà de l’Atlantique. Au Canada. Il retrouve toujours les mêmes blessures, les mêmes images, les mêmes tristesses et...c’est le déclic. L’idée de substituer sa voix à sa plume lui vint. Il s’agit tout d’abord de fredonner quelques paroles. Puis chanter. Chez Djamel Lahlou, cet acte est né dans la douleur. A l’extinction du feu de la plume, se substitue la flamme inextinguible du médiator. Pour cela, il faut «arroser» sa flamme de pétrole. Et la flammèche deviendra flambeau. Dans la chanson, Djamel se lance à corps perdu. Elle devient son centre d’intérêt essentiel. «C’est dans la chanson que j’ai trouvé mon refuge» souligne Djamel Lahlou. Installé au Canada depuis 1989, l’artiste ne cesse de multiplier ses actions pour faire entendre sa voix. Celle-ci, il faudra la crier sur tous les toits. A l’entendre parler, on se rend compte que Djamel s’agrippe, quasi farouchement, à son identité. «Je fais tout pour préserver cette identité» ne cesse-t-il d’insister. Le pari est d’autant plus difficile (?) lorsqu’on vit ailleurs. Néanmoins, il paraît que c’est dans cet ailleurs qu’on se retrouve vraiment, qu’on essaie de confirmer sa personnalité, bref qu’on tente de se distinguer sans pour autant porter atteinte à celui qui nous accueille. Conscient de cette réalité, Djamel Lahlou choisi l’expression artistique, comme moyen de chanter son pays, et, pour ainsi dire, «confirmer la beauté, mais surtout l’originalité de la culture algérienne». Cette culture séculaire, Djamel veut l’inculquer à ses enfants. En outre, pour mieux s’imposer sur le terrain, il sort un album, chez La fraternité Algéro-canadienne. Intitulé Zinet El-Boulden (Le plus beau pays), cet album contient huit chansons, en deux langues, arabe et kabyle. On citera: Zinet El Boulden, Ma bkachi h’nayeh (Ne reste plus rien), Qalbi Yetnayeh (Mon coeur se lamente), Lemen ya lemen (La confiance), Cocktail heddi, Nouaouer errbiâ (Le printemps), Lechyakh (Les maîtres) et Azrem (Le serpent). Djamel Lahlou ne s’arrête pas à ce point. Armé d’une volonté de fer incroyable, il intensifie ses activités. Un détail de taille à ne pas négliger: Djamel Lahlou est un membre actif de l’Union des artistes algéro-canadiens (Udaac). Cette union, qui «n’est ni un mouvement, ni une école, ni un courant» comme on pourra lire sur son site Internet, est composée d’une cinquantaine d’artistes qui font connaître la culture algérienne à travers des soirées artistiques, des défilés de mode, des projections de films, des festivals de cinéma, des expositions, colloques et conférences. Bref, cette association est l’une des plus actives au Canada, où la communauté algérienne compte pas moins de 50.000 ressortissants. En plus de cela, Djamel s’est lié d’amitié avec les artistes algériens les plus en vue. Pensez à feu Hachemi Guerrouabi, Abdelkader Chaou, Idir, Abderrahmane El Qobi...Les côtoyer à plein temps, lorsqu’ils se rendent au Canada, relève de l’impossible. Mais, pour cela, Djamel a trouvé une bien belle idée, d’autant plus que sa profession de chauffeur de taxi l’aide énormément dans sa tâche. Ecoutons les aveux de l’artiste, lui-même: «Lorsque des artistes algériens, de la trempe de Guerrouabi, que Dieu ait son âme, Idir ou Chaou se rendent au Canada, je les prends avec moi, dans mon taxi. Ainsi, tout en travaillant, je saisis l’occasion de les connaître mieux et par là même, cela leur permettra de visiter le pays». L’idée plein la tête, Djamel Lahlou se donne à fond pour son art. L’artiste, en fervent amoureux de son pays, aimerait animer des galas, et des soirées artistiques ici en Algérie. De par cet acte, il restera, à jamais, lié à un pays qui l’a vu naître et grandir, mais surtout, sceller pour l’éternité, un pacte avec le chant.
Hakim KATEB
Source : http://www.lexpressiondz.com/article/3/2007-12-26/48299.html
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«Qui apprend une nouvelle langue acquiert une nouvelle âme.»
15/12/2007 15:44



«Qui apprend une nouvelle langue acquiert une nouvelle âme.»
Bonjour, aujourd’hui, petit cours de kabyle. Sur les images plus haut vous avez l’alphabet kabyle, en tifinagh (l’écriture de leur racine jusqu’à aujourd’hui), en latin (la nôtre) ainsi que des exemples de mots écris en kabyle, en anglais et en français. Une autre facette de cette belle culture, que je continus de vous faire connaître avec le plus grand honneur. Dès que je saurai comment mettre des vidéos sur le blog, j’essaierai de vous mettre la prononciation. Si vous cherchez d’autres mots que ceux inscrits dans les tableaux et aussi plus bas, n’hésitez pas à aller sur les sites que j'ai mis en lien à la suite de cet article et qui sont toujours dans la liste à gauche. Parlant du tifinagh, je vous invite à aller lire l’article du MAK contre la loi arabisant la graphie amazigh, qui est aussi dans la liste. Une écriture dont les arabes non jamais rien voulus savoir, mais dont ils veulent s’approprier maintenant.
Voilà, bon apprentissage.
P.S. Il se peut qu’il existe différentes façons d’écrire certains mots, tout dépend des régions.
Mots :
Azul : bonjour ou bonsoir
Bonos : Le salut de Matoub
Ansuf : Bienvenue
Etskhile (k) : S’il te plait (on ajoute le k pour le dire à une femme)
Acmumeh : sourire
Thadhsa : Rire
Thidhets : Vérité
Yell as : Toujours
Tiddukla : Amitié
Ameddakwel : ami
Itri (itrane) : Étoile(s)
Tilleli : Liberté
Azrekki : Respect
Atas : beaucoup
Tanemirt : Merci
Ihi : Alors
Ih : oui
Ala : Non
Thalwith : paix
Ulac ughilif : De rien
Imazighene : berbères
Idhelli : Hier
Ahat wissen : Peut-être
Dhalmoulah : Jamais
I kem, I kec : Et toi?
Sebded : arrêter
Kem : toi
Nekk : moi
Mdel : fermer
Assirem : espoir
Suden : baiser (bisous)
Amek : Comment
Dachou : quoi
Aman : eau
Aghrum : pain ou galette
Tafat : lumière Awal : mot Awid : donne Taqbaylit : la kabyle, ou la langue kabyle Aqbayli : le kabyle Tiqbayliyin : les kabyles (fém.) Qbayliyen : les kabyles (masc.) Amaynut : nouveau Smah : Pardon, (le mot commun)
Samhiyi : Pardon (demander, s’excuser)
Suref-iyi : pardonne-moi
Isli : jeune marié Tislit : jeune mariée Axxam : maison Amcic/tamcict : chat/chatte Argaz : homme
Tamettut : femme Azger : bœuf Tafunast : vache Tilibizyu : télévision Amghar : vieux
Ilemzi : adolescent
Tayri : amour Assa : aujourd'hui Azeka : demain
Vava : mon père Yemma : ma mère Weltma : ma sœur Gma : mon frère Xalti : ma tante
Aqjun : chien Ayazid : coq Tayazit : poule Ahluf : cochon Taghat : chèvre Aghyul : âne Ikerri : mouton
Tighirdemt : scorpion Itij : soleil Tidi : sueur Latay : thé Adu : vent Lmuja : vague Tafsut : printemps Anebdu : été Lexrif : automne Aghamac : chaleur Asemmid : froid Adfel : neige Lehwa : pluie
Tadart : village Adrar : montagne
Jeddi : Grand père Setti ou jida : Grand-mère
Jours de la semaine :
Lethnayen : lundi,
Tslatha : mardi,
Larbaa : mercredi,
lexmis : jeudi,
El jemmaa : vendredi,
Ssebth : samedi,
Ihedd : dimanche
Mois de l’année :
Yennayer : janvier ,
Furar : février,
Maghres : mars,
Ibrir : avril,
Mayu : mai,
Yunyu : juin,
Yulyu : juillet,
Ghuct : août,
Ctamber : septembre,
Tuber : octobre,
Wamber : novembre,
Jamber : décembre
Phrases:
Assegwas ameggaz : Bonne année
Ar thufath : Au plaisir
Amuli ameggaz : Joyeux anniversaire!
Idh ameggaz: Bonne nuit
Affus degfous thaa koumth a tefsfous! Main dans la main le fardeau est moins lourd.
Amek thetsillidh? : Comment vas-tu?
Hamlaghk : Je t’aime (à dire à un homme)
Hamlaghkem : je t’aime (à dire à une femme)
Samhiyi : Excuses-moi
Mebrouk tameghra! Bon party de fête!
Adhecfhfough : Je me souviens
Aken oourthetsoughara : pour ne pas oublier
Ma wavra Rabi : Si Dieu le veut
«Apprendre une autre langue, c’est comme le commencement d’une nouvelle vie.»
Vous venez d’en prendre le 1er souffle.
Voilà, dans quelques temps, je vous donnerai d’autres mots.
J’en profite pour vous remercier encore de votre présence, car bientôt nous atteindrons notre trois millième visite.
Merci de tout cœur! Tanemirt attas!
Ange Nic.
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Commentaire de lounes (02/02/2008 11:53) :
en faite jtenais à corriger un truc c'est pas"mayebra rabi" mais pour
faire plus amazigh c'est"mayevra yello"
a bon entendeur
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Commentaire de ange nic (17/06/2008 02:48) :
Azul, wow mieux vaut tard que jamais. En faisant une recherche tout
bonnement comme je suis tombée sur ton blog et j'ai vu que tu avais
fait une copie d'un de mes articles, je t'en remercie bcp. Je
remercie aussi Lounès pour la correction ;)
Tanemirt atas!!
Ange Nic
http://laakouba.over-blog.com laakouba_sani@hotmail.com |
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Mouloud Mammeri, un anthropologue méconnu.
21/11/2007 04:17
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Le professeur Ali Sayad présente le chercheur
dont il a été l’élève et le collaborateur.
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Mouloud Mammeri a été non seulement un grand chercheur, mais aussi un véritable animateur, organisateur et dirigeant. En plus de la création de la revue Libyca qui publiait des «travaux originaux» en préhistoire et en anthropologie socioculturelle, M. Mammeri a entrepris de faire du CRAPE, dont il a été le directeur de 1969 à 1979, un véritable pôle de la recherche scientifique
Mardi 21 Novembre 2007
Par Reda Cadi
«Mouloud Mammeri, le défricheur de savoirs.» C’est le titre qu’a choisi le professeur Ali Sayad pour sa conférence, lundi dernier à la médiathèque Bachir Mentouri, sur les travaux et l’apport du défunt écrivain et chercheur Mouloud Mammeri. «On connaît beaucoup le côté écrivain de Mouloud Mammeri, mais le côté anthropologue a été très peu développé», dira d’emblée le conférencier, qui a été l’élève de Mammeri avant de devenir son collaborateur au Centre de recherches anthropologique, préhistorique et ethnographique (CRAPE), aujourd’hui Centre national de recherches préhistorique, anthropologique et historique (CNRPAH). «Le travail anthropologique de Mammeri, qui a sillonné l’Algérie de long en large, porte sur la littérature orale du Gourara, la poésie berbère et les poèmes de Si Mohand», dira l’universitaire qui précisera que Mammeri «a été le premier, le défricheur qui a ouvert la voie de la littérature orale». «A l’ancienne ethnographie, il lui substituait de manière claire et définitive la terminologie anglo-américaine d’anthropologie sociale et culturelle sans délaisser le volet préhistorique, qu’il renforçait par ailleurs», ajoutera M. Sayad. De plus, Mouloud Mammeri a été un véritable animateur, organisateur et dirigeant. Outre la création de la revue Libyca qui publiait des «travaux originaux» en préhistoire et en anthropologie socioculturelle, ainsi que la bibliographie «systématique» et par rubriques scientifique du Maghreb, M. Mammeri a entrepris de faire du CRAPE, dont il a été le directeur de 1969 à 1979, un véritable pôle de la recherche scientifique. Durant ces dix années, il a réussi à faire du centre un creuset du savoir et un «lieu de convergence» pour les préhistoriens, anthropologues, sociologues, linguistes, géographes et historiens algériens et étrangers. Il a ainsi institué la tradition des rencontres scientifiques au sein du CRAPE en organisant des séminaires ; certains étaient exclusifs et réservés uniquement aux chercheurs du CRAPE auxquels ils permettaient, en plus des échanges enrichissants, de renforcer le travail d’équipe et d’autres étaient ouverts à tous les chercheurs extérieurs aussi bien algériens qu’étrangers. Lors de ces séminaires, les participants débattaient des «problèmes afférents à la validité épistémologique ainsi qu’aux présupposés idéologiques de l’anthropologie classique, avec comme perspective plus lointaine la définition d’une anthropologie dont les pays du tiers-monde ne seraient plus seulement les sujets mais les acteurs», expliquera le professeur. En dehors de ces rencontres scientifiques, le CRAPE s’ouvrait également aux étudiants et à leurs professeurs qu’il accueillait à l’occasion de portes ouvertes ainsi qu’aux citoyens qui pouvaient rencontrer aussi bien les chercheurs que le directeur du CRAPE. «Da l’Mouloud les recevait et leur ouvrait la bibliothèque du Centre», dira l’anthropologue. On se souvient de cette époque où une visite au CRAPE était un véritable cours. L’idée d’aller au Centre était très contagieuse. Un étudiant disant à ses potes qu’il y allait s’entendait souvent répondre : «Attends, on vient avec toi.» Car chaque étudiant savait qu’il était non seulement le bienvenu au centre mais qu’il y apprendrait certainement quelque chose. Et cet engouement était principalement dû à la disponibilité de tous les chercheurs du CRAPE, à leur tête Mouloud Mammeri dont la modestie n’avait d’égale que son respect pour l’homme, quel qu’il soit. R. C.
Source : http://www.latribune-online.com/2111/culture.htm
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Tamazight et la voix veloutée de Matoub Lounès
11/08/2007 05:44
| Chanson |
| Tamazight et la voix veloutée de Matoub Lounès |
| La Dépêche de Kabylie 31/07/2007 |
«Si quatre murs m’enserrent Si je ne vois que l’échafaud Si la misère m’aspire Et si mon chemin est une pente au gouffre Que l’on me dise : Où crois-tu aller ? Je clamerai : je suis Amazigh !»,
Lounès Matoub
Il avait tracé un chemin dans son esprit, en dépit de tous les impedimenta qui y furent disposés, un chemin gorgé de larmes et de souffrances, il l’avait suivi avec crânerie et perséverance. Un vrai aède inlassable dont la voix veloutée a sillonné quasiment toute l’Algérie, il avait lâché la bride à ses idées pour survoler entre le ciel et la terre sans aucune crainte de tout ce qui pourrait lui arriver.
C’est un héros au milieu d’un désert sans aucune goutte d’eau pour en imbiber ses lèvres, il marche, il tombe, il se relève, l’immense soleil lui brûle ses yeux, ses rayons ardents l’empêchent de lever les yeux pour discerner le ciel, la chaleur torride le tracasse, la sueur abondante coule sur son corps, parfois un scorpion ou un serpent le surprend pour le faire pénétrer dans un labyrinthe sans issue, cependant, avec sa lassitude crasse, il persiste ...
Les thèmes qu’il a abordés sont prolifiques à tel point qu’on pourrait en établir une encyclopédie, aucun sujet ne lui a échappé, toutefois son grand combat fut l’officialisation de la langue berbère, et la chanson a été le procédé infaillible pour propager ses concepts et adjurer les Kabyles à s’unir et à constituer un mur qu’aucune force au monde ne pourra défaire…
Ses poèmes qui jaillissent des tréfonds de son âme, constituent un jardin fleiri de toutes sortes de plantes et de différents arbres qui serviront d’ombre où quiconque pourra se réfugier et fuir le soleil et y trouver tout ce qui réjouie les yeux.
Chaque vers est authentique, sa manière de chanter l’amazighité est hors pair, chaque terme prend sa place adéquate, dépourvue d’ambiguïté, allant directement vers le but sans trop d’allégorie, il a jeté son dévolu sur la chanson pour tenter de désaltérer sa soif de réparation.
C’est un amour platonique qu’il éprouvait pour tamazight, un amour qui s’apparente à un beau ciel sans nuages dépourvu d’hypocrisie et de baux semblants, une grande fierté d’être un Amazigh, le berbérisme à couleé dans ses veines, durant toute sa vie, il combattra pour qu’elle devienne une rose qui embaume un parfum d’une fieffée excellence que tout le monde aspirera à sentir, ses glorieuses racines finiront un jour par s’éclaircir comme de l’eau qui surgit d’une fontaine et aucune puissance ne saura, ni ne pourra le retenir. Dans sa chanson Regard sur l’histoire d’un pays damné… , il affirme que sa race est une race parfaitement authentique et qu’il ne lâchera guère :
«Je remonterai vers mes racines Dussé-je les abreuver de mon sang Ce n’est pas sur le marché Que j’ai découvert mon ascendance amazighe : Elle ne se vend ni ne se brade»
Dans beaucoup de ses chansons, il insiste que tamazight est primordiale pour l’union des Kabyles, c’est le seul canal qui les conduira de l’autre côté de cette mer houleuse, sans aucun risque de se noyer, il les suppliait de renforcer leurs rang et conjuguer leurs forces, et d’une autre part il déplorait leurs brouilles comme il le chantait dans Akit ay arrac nnegh ou «réveillez-vous, compagnons» :
«Réveillez-vous, compagnons de lutte Et œuvrez à l’union de vos bras ! Afin qu’une demeure soit habitable Il lui faut de solides fondations Mais nous nous entre-dévorons Comme si nous n’étions pas frères.» Dans la chanson Les montagnes : ma vie, il disait : «Tamazight est le socle de leur avenir, Elle est la racine de leur vie»
Notre histoire, lui apparaisait comme une véritable fresque sur laquelle il s’extasiait à chaque fois qu’il lui jetait un regard, ou comme un mythe dont nos ascendants seraient des héros dont La Kahina, Massinissa, Jugurtha et bien d’autres qui ont sculpté leurs noms en lettres d’or dans l’histoire des Imazighènes, car la liste est trop longue, il les mythifiait, les glorifiait, il leurs octroyait l’image des grands hommes de toute l’humanité, dans Imazighène, Il vénèra Jugurtha :
«Que de braves sont tombés Jugurtha en premier, Si son âme pouvait parler»
Matoub Lounès, est un flambeau qui illumine les sentiers dans les nuits obscures, il est également une source qui taquine les conscience endormies, ses poèmes embrasent les esprits, il se demande où sont passés les vrais Imazighènes, les Berbères authentiques qui sont connus pour leur hardiesse et leur amour fervent pour la liberté, «les Lions» comme il les appelle, dans son premier album, la chanson intitulée Ay izem, «Ô lion», il chantait :
«Où es-tu ? ô lion ! A ta mort D’autres ont accaparé Ton héritage.» Comme il chantait dans Imazighene : «Réveillez-vous ô Imazighenes ! Redevenez des lions, Avant que l’on ne se transforme en caméléon.»
«Le peuple le plus ardent de sa colère est pareil à un feu trop vif pour être éteint», a affirmé le grand poète tragique grec Euripide car quand un peuple se réveille après un long sommeil, aucune puissance ne pourra réduire sa colère…
Il ressassait à chaque fois qu’il faut préserver cette langue avant qu’elle ne soit enfouie dans les ruines du temps, il avait la même appréhension que celle de Mouloud Mammeri celle qu’un jour le peuple berbère ne serait qu’une légende ou une civilisation effacée par une bourrasque de régression et emportée par le courant de l’oubli, un sort qui soit plus similaire à celui du peuple aztèque, et en nos jours nous assistons au piétinement de notre langue comme il le proclamait : «Tamazight est foulée aux pieds.» Et «ses origines sont bien conneus». Lwennas avait maintenu le chemin esquissé par Mammeri et Tahar Djaout par son militantisme et son combat inlassable.
Son vocabulaire est d’une richesse inépuisable, il a sauvé énormément de mots et d’expressions qui étaient sur le point de tomber en désuétude, et presque chaque poème contient des vocables et des termes nouveaux.
Sa vie fut un parcours des plus grands, il ne se démoralisait plus, il convoitait avec détermination d’atteindre ses objectifs même si parfois ils lui semblent utopiques, il chantait dans Ass-agi lligh ou “je suis” :
«Si quatre murs m’enserrent Si je ne vois que l’échafaud Si la misère m’aspire Et si mon chemin est une pente au gouffre Que l’on me dise : Où crois-tu aller ? Je clamerai : je suis Amazigh !»
Le kabyle pour certains n’est utile que pour la danse et la distraction et cela l’affligeait énormément, il manifeste ainsi sa rage :
«Cette langue adorée Eclose dans la vérité A leurs yeux Est juste pour les chansons à boire.»
Un peuple dépouillé de sa langue est indubitablement un peuple voué à la disparition, du fait que la langue est l’esprit d’un peuple, sa vie, son histoire y sont contenues…
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| par Sabrina Azzi |
Source : http://www.berberes.com/page.php?page=culture&titre=Culture&id=0000000788
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Commentaire de tinhinane (09/11/2007 19:16) :
matoub lounes est un grand artiste ,et il a fait beaucoup pr la culture
kabyl
paix a son ame
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