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Karim BRANIS est le talentueux rocker Kabyle des années 70.
23/03/2007 02:32
Karim ABRANIS
par Mohand IMAZATENE
Karim BRANIS est le talentueux rocker Kabyle des années 70. Il est chanteur, auteur et compositeur du groupe ABRANIS, qu’il fonda en 1967 et qu’il concrétisera avec ses amis Schamy, Mehdi, et Chaban en 1973.
Immigré dès son jeune âge (13 ans), il a été bercé, à la fois, par la musique du terroir et la vague de rock des années 60-70. Ce mélange marque l’originalité et la démarche artistique de Karim. Tourné vers la modernité et l’universalité, Karim revendique sa culture Amazigh dans toutes ses dimensions. Il affirme, lui même, dans une interview accordée à un journaliste, qui lui demandait pourquoi il ne chantait pas en langue étrangère : « Chacun chante selon sa sensibilité et sa langue. Chez nous, nous ne tenons pas compte des étiquettes. Ce qui caractérise notre musique, c’est l’ouverture, dans le sens plein du terme. Tous les apports sont les bienvenus pourvu qu’ils soient porteurs d’espérance ».
Ses textes regorgent de métaphores, de références à la mythologie et contes Berbères, pour ne citer que la chanson dite « le troupeau ». C’est un texte qui décrit une organisation sociale dont les rôles sont tenus par les animaux. Le recours à la métaphore est significatif d’absence de liberté d’expression. C’est un texte qui dénonce le règne illégitime des injustes et l’usurpation du pouvoir. Karim est attentif au monde qui l’entoure et sensible à son environnement. Il dénonce le désordre et la perversion de la nature par la mesquinerie et la bêtise humaine.
J’ai trouvé le rouge gorge et ses petits Réunis pour réclamer le droit tandis que l’héritier de droit innocent est tenu dans l’expectative, au loin ! Les mouches s’installent dans les ruches et l’abeille abandonne son dû la chouette s’occupe du ménage et huppe s’impose secrétaire ! Le charognard avec son bec Se désigne pour les foules ,il accuse le milan et le condamne..
La chanson, au départ une passion, devient par la force des choses un engagement et une résistance pacifique.
Les thèmes et textes de Karim sont variés et riches. Ils reflètent sa sensibilité à son milieu, au devenir de son pays, et à toutes les préoccupations de l’époque. Il a chanté aussi bien la liberté, l’amour, la vie, la nostalgie, l’immigration, le politique, etc.
Le style musical est également original et audacieux. Il se caractérise par une recherche musicale qui le distingue des autres vedettes de la chanson et qui sort des sentiers battus. Karim déclare clairement : « l’introduction des instruments tels que la guitare électrique, le synthétiseur et la batterie n’altère nullement notre musique qui, je le répète encore une fois, s’inspire de notre fond musicale. Ce ne sont là que des instruments dont on se sert pour exprimer notre sensibilité algérienne ».
Tout en étant fidèle à la fibre musicale de départ, Karim réussit le passage harmonieux qui va de « l’authentique : Zendali, Heddi, Raï à l’universalité : Funk, Rock, Rap avec un esthétisme hors du commun ». Karim, cet artiste discret et rêveur s’impose une rigueur dans son art, refuse la facilité et la tromperie. En effet, il confirme dans un entretien : « Nous essayons de rester fidèles à notre choix, qui est de faire de l’art pour l’art. Sans être soumis aux pressions du milieu, qui veut du produit de consommation, toujours plus vite, selon la capacité d’absorption. On oublie que le musique est un message qui s’adresse au corps sensible. Elle doit le faire vibrer. La liberté de création est une énergie qui s’use si l’on ne sert pas ! ».
Bref historique du groupe ABRANIS par Rabah Mezouane
Au cours des années soixante, la chanson Kabyle, se contentait de ressasser les mêmes thèmes sur fond d’orchestration imprégnées d’un orientalisme peu en rapport avec les lignes mélodiques originales.[…]. En 1967, deux immigrés, férus à la fois, de la tendance ambiante, incarnée par la vague des rockers aux noms américanisés et de musique du terroir, se rencontrent, se découvrent pas mal de goûts communs et créent un groupe renforcé par deux autres musiciens, Samir et Mehdi. Le chanteur guitariste Karim, de ses noms et prénom SID Mohand Tahar, né un 20 février à Tifilkout (Illilten), et l’organiste Shamy Elbaz, CHEMINI Abdelkader, pour l’état civil, né un 26 octobre à Tilatiouine (Bejaia), sont les fondateurs des ABRANIS. Le nom de guerre est puisé dans l’histoire et renvoie à la souche des BRANES, évoqué par l’historien sociologue Ibn Khaldoun dans ses « Prolégomènes ».
En fin de ces années soixante, les Abranis, auxquels se joindront le batteur Arezki BARROUDI, et le bassiste Hachemi BELLALI, étaient trop en avance sur le temps : le public Kabyle n’était pas prêt à écouter les instruments électriques, rompant avec la tradition, même s’il se délecte des guitar-heroes de Woodstock et Wight. La formation et ses membres portant cheveux longs et patte d’Eph déroute au début. Il a fallu attendre un contexte plus favorable, celui de l’esprit 70, lorsque la chanson Kabyle a commencé à imposer sa loi moderniste sur le marché maghrébin et international. En 1973, les Abranis se rendent à Alger pour participer au premier Festival National de la chanson et remporte un prix. Une apparition à la télévision algérienne leur permet de populariser leur répertoire et leur ouvre les portes d’une tournée triomphale dans de nombreuses villes algériennes. Ces succès se concrétisent par d’autres enregistrements et la discographie impressionnante des Abranis en regorge. En France, où ils sont de retour, la communauté leur réserve, à chacun de leurs passages, un accueil enthousiaste. A l’extérieur, ils se font remarquer avec leur Rockabylie ( de la musique moderne mais non occidentale, précisent-ils souvent) dans diverses festivals. Finalement, l’âme Amazigh semble se sentir à l’aise dans un flot électrique habilement canalisé d’autant que les thèmes ( amour, social et revendications culturo-politique) l’alimentent bien.
Principaux spectacles
Festival National de la chanson Algérienne- Alger 1973
La Mutualité - Paris, juin 1975
Bejaia, la Coupole, la Salle Harcha- Alger- 1981
El Dorado- Paris 1984
Festival de Carthage - Tunisie 1984
Festival International de Marrakech -1986
Festival International contre le Racisme d’Hultrecht- Hollande 1987
15ème Festival de Tübingen - Allemagne 1988
1er Festival de la Musique Méditerranéenne de Torino - Italie 1989
Nombreuses émissions de télévisions et de radios.
Discographie
4 disques 33 tours
5 disques de 45 tours
Une dizaine de K7 audio
2 CD
2 Cassettes vidéo retraçant l’histoire du groupe Abranis jusqu’au en 1987.
Album Solo, Karim BRANIS, 2003
Revue de Presse
« La chanson des ABRANIS repose avant tout sur une technique musicale réalisé avec des instruments modernes (…). Elle se veut résolument « pop » et son contenu , non moins résolument algérien. » ABRANIS : une recherche originale, par Mouloud AchourAlgérie Actualité du 13/09/1975
« Sur une musique moderne, ils chantent des textes variés, puisés dans le vécu quotidien : romances amoureuses, conditions des émigrés. De quoi faire rêver et réfléchir en même temps : deux dimensions de l’art en général, de la chanson en particulier et que les ABRANIS revendiquent comme leurs ». « Les ABRANIS au club des Pins », Algérie Actualité n°823, du 23 au 29/07/1981.
« Du Funk au Reggae, ABRANIS ne fait aucune ségrégation musicale et considère que son tempo rythmique n’a pas de frontières. » « Le groupe ABRANIS , le son neuf de l’Algérie », L’Echo du Mercredi, 08/04/1987
« Sur le plan technique leur mode de passe sera « le rythme ». Là, il s’agit de combiner un feeling africain avec instrumentation électrique moderne. On sent l’importance du son dans la recherche musicale, car tout est dans la variété rythmique, pensent-ils, sans perdre de vue la vigueur du verbe. […]. Pour beaucoup, ils auront contribué à freiner l’influence orientaliste d’une certaine époque, en propulsant hors des frontières la musique algérienne. ». « Musiques : les ABRANIS, Histoire d’une longue route », Lounis HAKIM, Le Soir d’Algérie, 13/08/1991.
« Leur attachement à l’identité, leur authentique algérienneté, ne les ont pas empêché pour autant d’aller sans aucune gêne pour faire connaître non sans difficulté, notre culture ». « Le retour des grands », Par Yahia HARAKAT, Le Pays n°88, du 26/08 au 01/09/1993
« Le travail de recherche effectué a consisté à adapter les structures rythmiques de chez nous aux normes et aux lois de l’instrument et adapter la mélodie aux de l’harmonie universelles. ». Rachid IKHENOUSSENE, Liberté, mercredi 20/04/1994.
« Karim, auteur, compositeur et interprète a travaillé inlassablement depuis plus d’une vingtaine d’années pour donner une dimension universelle à la musique algérienne. (…). Son souhait le plus cher est de voir un jour pousser dans tout le pays des conservatoires, des maisons de culture, des théâtres pour permettre à la jeunesse à travers les arts et retrouver l’espoir dont elle a tant besoin. (…). Pionner dans plusieurs domaines, ABRANIS a réussi à donner un souffle nouveau à la chanson algérienne en la débarrassant du folklorisme stérile et dévalorisant. Si Khaled est King du Raï algérien, Karim est le King du Rock. » « Karim BRANIS : l’enfant prodige du Rockabylie », Moh CHERBI, Alger INFO International, Mercredi 27/12/1999
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Matoub Lounès, un pilier de notre revendication - Entrevue avec Massinissa(Montréal)
20/03/2007 02:42
Découvert pour la première fois, lors du spectacle de "Kabylie-Spectacle-Production", Massinissa a eu un écho favorable de la part de la communauté qui n’a pas cessé depuis, de lui adresser des messages de félicitations.
Nous vous livrons ici, un entretien que nous avons eu avec lui.
T.Ould-Hamouda : Azul Massinissa et bienvenue à Kabyle.com.
Massinissa : Azul fellam et azul à tous les lecteurs de Kabyle.com.
T.Ould-Hamouda : La communauté de Montréal vous a découvert le 16 décembre lors du spectacle de KSP alors que vous chantez depuis déjà plusieurs années ?
Massinissa : Effectivement, j’ai commencé à chanter depuis l’année 1993 avec un ami : Mohamed-Améziane Bourbia, surnommé Mohand-Amazigh. On a enregistré un album en 1999 qui a été édité à nos frais sous les noms : Abdellah et Md-Améziane". Toutes les personnes qui l’ont écouté nous ont encouragé à continuer.
T.Ould-Hamouda :Pourquoi avoir changé de nom à Montréal ?
Massinissa : Je voulais prendre un nom d’artiste depuis le début, mon ami Mohand-Améziane m’a suggéré de garder nos prénoms sur le 1er album, j’ai accepté. Maintenant que je chante en solo, mon choix a porté sur "Massinissa", un prénom bien significatif dans notre culture.
T.Ould-Hamouda : Vous êtes à Montréal depuis longtemps, comment se fait-il que l’on vous découvre seulement maintenant ?
Massinissa : J’ai pris un temps d’arrêt. En Kabylie, je me suis toujours produit avec mon ami. Arrivé ici je n’ai pas osé chanter en solo alors que tout notre travail a été fait en collaboration.
T.Ould-Hamouda : Lors de votre présentation, les spectateurs ont beaucoup aimé vos chansons, comment prenez-vous ce succès ?
Massinissa : J’ai été très heureux que notre communauté ait apprécié notre travail. Cela nous encourage à continuer et à travailler encore davantage.
T.Ould-Hamouda : Au lieu de tomber dans la facilité : faire de la chanson dite commerciale avec des non-stop ou simplement des reprises, Vous avez choisi un terrain bien difficile celui de la création poétique (chansons à textes), pour quelle raison ?
Massinissa :On a voulu présenter un travail sérieux au public. La poésie est écrite par Md-Améziane Bourbia, je la complète en lui adaptant une musique adéquate.
Nous avons une passion et un respect pour la chanson Kabyle. Nous ne voulons point verser dans la médiocrité.
T.Ould-Hamouda : Pouvez-vous nous parler d’une chanson qui vous touche particulièrement ?
Massinissa : Toutes les chansons qui sont sur notre album me touchent vraiment,. Toutefois, je suis plus sensible à "Laxyal" et "Tighri".
T.Ould-Hamouda : Dans l’une de vos chansons, vous avez rendu un vibrant hommage à "Matoub Lounès", pouvez-vous nous en parler ?
Massinissa : Matoub Lounès est un symbole pour la Kabylie, on ne peut l’oublier. Notre chanson n’est qu’un simple hommage à un grand pilier de notre revendication.
T.Ould-Hamouda : Pouvez-vous nous lire un petit poème de cette chanson ?
Massinissa :
G-ul-awen tezzid tugdut G-allaghen tenfid tatut Ammi-s n tlelli
Deg meslayen-ik mazal ssut Stikti-k tewwid-d ttbut Seg-negh tguj tagdi
Ghurnegh ur telli d lmut T bedled swakal tamurt Awal g-ul-awen yemmghi
Asut umeqyas cfumt Ayarraw n’tmazgh’ur tettut G fus afus nagh tanumi
T.Ould-Hamouda : Quels sont vos projets ?
Massinissa : À court terme, je ne peux que participer aux spectacles qu’organise notre communauté et répondre aux invitations canadiennes. À moyen terme, nous comptons, mon ami et moi, enregistrer un autre album en Kabylie.
T.Ould-Hamouda : Votre mot de la fin Massinissa ?
Massinissa : Une pensée particulière à mon ami Mohand-Améziane, resté en Algérie. Je remercie beaucoup tous les gens qui m’ont apporté leur soutien, particulièrement Fayçal qui m’a fait connaître l’association Tafsut, un grand merci aux membres de "Kabylie-Spectacle-Production" et à tous les spectateurs qui m’ont applaudi.
Mes remerciements vont aussi à Kabyle.com qui ne cesse de promouvoir tous les artistes et créateurs Kabyles et qui nous donne à chaque fois la chance de nous exprimer.
Je ne peux oublier Hakim d’Algeronet, qui a été toujours disponible pour moi ainsi que Berberes.com et Algeroweb qui nous apportent leur aide à chaque fois qu’on les sollicite.
T.Ould-Hamouda : Tanemirt à Massinissa et Bonne chance.
Entrevue réalisée à Montréal, le 28 février 2007 par T. Ould-Hamouda
Source : http://www.kabyle.com/Matoub-Lounes-un-pilier-de-notre,11907.html
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Lynda Thalie newsletter
17/03/2007 00:24
Lynda Thalie est dans le TOP PALMARÈS FRANCE à Mexico City et coup de coeur des auditeurs.
La musique Francophone domine les palmarès de Mexico City. Parler francais et écouter de la musique en francais est IN à Mexico.
Cliquez ici pour aller directement sur le palmarès de Stereo Cien la station FM numéro 1 de Mexico City.
Lynda sera en concert à Mexico City le 20 et 21 mars prochain.
Encore une fois, la preuve que Lynda Thalie est une artiste internationale et universel !! spectacle dans 7 pays en 2 mois.
Patrick Cameron Cameron Management (514) 803-3342
Nouveau liens photos et vidéo:
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INEMLAYEN : Un engagement dans la musique pour la kabylie
15/03/2007 01:02
Un artiste de cette décennie 80 riche en créativité artistique, d’artistes engagés qui ont contribué à la résurgence de notre patrimoine et à revendiquer tamazight
Mahfoud Inemlayen est un artiste militant qui a porté la revendication identitaire dans les années 80 avec le groupe Inemlayen. C’était une époque qui a produit Isulas ou Yugurten. A l’origine Inemlayen est un groupe formé de Mahfoud Mekbel, Zahir Kasri, Djamel Mansouri, Omar Khrib et quelques autres personnes que le militantisme berbère et leur passion de la musique à fait rencontré. Inemlayen c’est ce morceau « tsxilem a yema » dont surement beaucoup se rappellent la belle mélodie.

Aujourd’hui Mahfoud continue seul avec la même passion à porter sa musique et son message. Mahfoud est d’At Smaaun, un village de la Soummam. Né en 1961, adjoint d’éducation de profession, il a connu le militantisme des années 70 et 80, le printemps berbère, partagé entre son art et la volonté de militer activement il à choisit de passer son message par la musique
KC : Mahfoud peut tu nous parler des débuts du groupe sur scène ?
Au début nous chantions partout ou l’on été invité et ou on nous acceptait c’est-à-dire en Kabylie, Bejaia, el Kseur, Kherrata et même dans les villages, c’était l’esprit de l’époque, la rage de s’exprimer, l’idéal, l’envie de participer au combat kabyle. Notre première grande prestation publique c’était au 2eme festival des arts populaires à Alger en 1982. Nous avons eu un bon accueil du public et même reçu un prix, d’ailleurs, j’ai une anecdote à ce sujet si tu le permets...
KC : Avec plaisir !
C’était à la salle Atlas. Nous tenions à chanter à avec des signes clairs de notre revendication. Il y avait partout des signes AZA sur la scène, la télévision algérienne qui avait filmé le concert à montré tous les participants sauf notre groupe. Le plus amusant c’est que le prix nous a été remit des mains du président de la république de l’époque.
KC : Y a-t-il des enregistrements de cette époque ?
La passion était notre moteur, nous avons autoproduit tous nos titres dans un des premiers studios d’Azazga celui qu’utilisaient de nombreux artistes de l’époque dont le groupe Yugurten que certains connaissent. Le résultat c’est le 1er album éponyme avec une dizaine de chansons. C’était les moyens du bord et de l’époque mais je suis content du résultat. Il fallait beaucoup de ténacité aussi. Nous essayions tout de même d’être originaux, même dans nos spectacles. Il y avait des chorégraphies et ce que je pourrais appeler une mise en scène des textes. Nous pouvions être quelques fois jusqu’ une vingtaine de personne face au public…. Cela me rappelle la fois où nous nous étions produits au stade d’El Biar…. Mais c’est encore une anecdote….
KC : Ne te gène surtout pas Mahfoud…………
Nous voulions en quelques scènes relater l’histoire de l’Algérie à l’appui de notre prestation musicale. Il y avait donc un groupe d’amis, tous des hommes, habillés en femmes kabyles à la traditionnelle, tu imagines donc le tableau : robe, timehremt, le foulard etc. Et voila que dés l’évocation de la Kahina, on entend des quolibets, des sahhara (sorcières) enfin c’est ridicule mais c’est pour dire qu’il y a encore des réactions allergiques de ce type !
KC : Par rapport à cette 1ere période de inemlayen y a il eu des albums commercialisés ?
Par rapport à notre musique, il y a déjà des freins, c’est de la chanson militante donc un créneau particulier, peu d’éditeurs prennent le risque. Bien que nous ayons autoproduit tous les albums nous n’avons trouvé quasiment personne pour la promotion ou l’édition. Je dois dire que j’ai pu commercialiser un album avec CADIC mais j’ai assuré la promotion moi même au travers des spectacles que j’organisais.
KC : Mahfoud en 1983 tu pars en France, c’est la fin d’Inemlayen ?
Le groupe s’est dispersé simplement à cause des circonstances de la vie. Je décide de partir en France pour des raisons personnelles en ayant le projet de continuer à chanter et à me produire et pourquoi pas en trouvant de meilleures conditions d’expression
KC : A partir de cette époque Inemlayen devient Mahfoud inemlayen ca ce passe comment ?
J’ai contacté les producteurs de la place (kabyle) et les associations culturelles amazighes qui ont eu beaucoup plus de répondant. Avec ces dernières j’ai fait des concerts partout en France, région parisienne, Rennes et Nantes en Bretagne, en Moselle aussi ou encore à Saint Etienne... Il faut dire que j’ai chanté partout où il y a une communauté kabyle y compris dans des petits coins dont je ne me souviens que du nom du département. Des radios m’ont aussi diffusé, radio tamazight devenue radio tiwizi aujourd’hui disparue, radiobeur qui est devenue beurfm je crois, radio pastel de Lille, des radios communautaires en général…durant ces année, le public a été présent, réceptif. J’ai vécu des situations ou des membres de l’amicale des algériens en Europe, profitant de leur présence dans une manifestation « communautaire » marquaient leur colère en quittant bruyamment la salle ou en envahissant la scène !
KC : Revenons à ces producteurs de la place y a t il eu une collaboration aboutie ?
J’ai eu une expérience pas très probante avec un éditeur de Barbès et donc je me suis tenu à mon leitmotiv : on ne peut et doit compter que sur sois. Je me suis résolu à être mon propre producteur, diffuseur et agent. J’ai donc produit à mon compte deux albums l’un en 1992 et l’autre en 1999. En 2002 je décide de faire un break car je suis éreinté, fatigué.
KC : Découragé peut être ?
Ce n’est pas le mot, j’ai fais ce que j’avais à faire, ce que en quoi je crois, mon amour de la musique, ma passion pour cette cause qui nous concerne tous. Il y a les circonstances de la vie et aussi mon métier car je ne vit pas de ma musique. Aujourd’hui la parenthèse est close et je suis prêt à m’investir de nouveau dans ce qui me tient à cœur !
KC :Cela veut dire un nouvel album ?
Cela veut dire beaucoup de nouvelles créations. Pour l’instant j’ai choisi de fixer sur disque un mélange d’anciennes chansons et de nouvelles car les thèmes sont toujours d’actualité.
KC : Mahfoud tu ne mets jamais de titres à tes albums, cette fois si ? et au fait pourquoi ?
Toujours pas ! Cela vient de l’époque d’Inemlayen, Nous avions la rage de nous exprimer, il y avait de l’urgence dans cette envie de crier la Kabylie. Nous trouvions que les chansons parlaient d’elle-même et qu’il n’y avait pas besoin de rajouter une étiquette en plus….bon c’est un choix et je le fais encore, ca accroche peut être moins mais je trouve qu’on ne résume pas tout en deux mot et il faut aller vers les chansons……je compte le faire cependant sur mes prochaines productions, plutôt comme un asefru qui donnera le ton de l’album !
KC : Mahfoud, le Militant que tu es à surement envie de dire quelque chose sur l’Algérie, la Kabylie….. ?
Je dirais que la démocratie à l’algérienne s’exprime ainsi : Etre arabe oui, être algérien c’est rien, être berbère c’est moins que rien ! Et pourtant ce dernier à toutes ses raisons d’insister pour exister dans son propre pays, l’avenir nous le dira. Il est temps que tous les berbères prennent leur destin en main ! Mon rêve est de voir tous les berbères s’unir pour la même cause et sortir notre culture et notre langue de l’incertitude.
KC : Mahfoud Inemlayen Tanemirt
Pour Kabyle.com Ferratus
Source : http://www.kabyle.com/INEMLAYEN,11964.html#forum
un article dans le journal Alsace
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Commentaire de Samira & Barbara (15/03/2007 17:57) :
Azul…Arezki...j’espère tu as passer une bonne journée…

Nous te
souhaitons..une journée remplie..de paix,d'amour,de bonheur et de la
joie….
Hoder

aimer_ la_ vie
Avec toute
notre amitié
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Commentaire de Samira & Barbara (16/03/2007 19:40) :
Bonne soirée…Arezki... et

… Nous
vous souhaitons…un week-end remplie…de paix,d'amour,de bonheur,et de
la joie…….
Hoder

aimer_ la_ vie
Avec toute notre amitié
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Commentaire de malik (01/04/2007 17:51) :
Azul,tanmirt pour ce blog et pour tous les articles qui la culture
berbere(artistes,informations,ou autres).Est ce que vous pouvez mettre des
chansons des artistes en ligne ou des liens ou on les ecouter .artufat
encore bravo bonne continuation et que la culture berbere vivra grace a
vous a nous tous.
malik
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Commentaire de Arezki (01/04/2007 19:39) :
Azul Malik ,merci pour ta visite sur mon blog et aussi pour ton
commentaires et tes remarques et bien pour écouter de la bonne musique
kabyle ...je te donne le lien suivant sur berberes.com...DJ LS Remix...
http://www.berberes.com/page.php?page=tam_musique&titre=Musique
Bonne écoute ...Tanemmirt...ar tufat
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INTERVIEW DE IDIR ACCORDÉ AU JOURNAL L’EXPRESSION
27/02/2007 03:07
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photo : http://www.africajarc.com/2006/html/artistes/idir.htm
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«Je serai en tournée nationale en avril 2007»
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Après 30 ans d’attente, les fans de la vedette auront l’occasion de vivre des moments pleins d’émotion avec une musique bien raffinée.
Profitant de sa visite en compagnie de Zinedine Zidane, la star mondiale du football, Idir, l’auteur de la chanson légendaire Vava Inouva, a bien voulu se confier à L’Expression. Avec un large sourire, il a accepté de répondre à toutes nos questions, concernant la musique, la Kabylie, l’Algérie, et notamment son nouvel album et sa tournée en Algérie, prévue en avril prochain.
L’Expression: Idir accompagné de Zidane en Algérie. Pouvez-vous nous dire un mot en cette circonstance? Idir: Aujourd’hui, je suis en Algérie, suite à l’invitation de Zidane. Donc, je ne suis, en réalité, qu’un invité de l’invité. Il m’a demandé de l’accompagner lors de cette visite et c’est avec un grand plaisir que j’ai accepté. Cela fait longtemps que je ne suis pas venu. Zizou, depuis son enfance, n’est plus retourné dans son pays d’origine. C’est avec un grand plaisir que je me retrouve ici. Ce qui m’a touché le plus, c’est la qualité émotionnelle de l’accueil, même Zidane a été touché. Certes, il s’attendait à ce que l’accueil soit chaleureux, mais pas à ce degré-là.
Revenons à Idir, quelles sont vos nouvelles dans le domaine de la musique? Je suis en train de préparer un nouvel album intitulé La France des couleurs, avec ma maison de disques en France. L’album va sortir en France au mois d’avril prochain. C’est un disque que je ferai avec des jeunes de différentes nationalités et qui vivent en France. Ils sont de jeunes rappeurs et des gens du hip-hop, du scénique et d’autres styles. Chacun s’exprime dans sa langue, moi, bien évidemment, en kabyle, la langue dans laquelle je m’exprime très bien. C’est une opportunité pour moi, qui suis loin de ce métier, d’apprendre d’autres choses avec ces jeunes.
Votre public en Algérie espère toujours vous voir sur scène... Cette question, il faudrait la poser à d’autres gens. Que mon public sache qu’il ne dépend pas de moi. Je ne refuse jamais de chanter en Algérie. Moi aussi, je veux retrouver mon public. Il me manque, bien évidemment. A l’occasion, je lui dis, à travers les colonnes de votre journal, que je serai en tournée nationale au printemps, plus précisément en avril prochain. Berbère TV est en train de préparer cette tournée. Les responsables de cette chaîne ont pris quelques contacts ici, je pense qu’on va faire quelque chose de bien pour mon public dans les grandes villes d’Algérie telles que Constantine, Oran, Tizi Ouzou, Béjaïa, Alger, Annaba et d’autres villes.
Avez-vous contacté les responsables de la culture en Algérie pour parrainer cette tournée? Ce n’est pas de mes habitudes de leur demander cela. Je ne leur ai jamais demandé quelque chose et ce n’est pas aujourd’hui que je le ferai. Puis, ce n’est pas spécialement avec eux qu’on doit organiser la tournée. Mais je signale que s’ils me proposent quelque chose, pourquoi pas. Car c’est l’argent du contribuable. C’est l’argent de tous les Algériens. Nous sommes des Algériens et cet argent nous appartient à tous. Le plus important qu’on ne me demande pas de faire des choses contre ma nature. Moi, je suis toujours mon itinéraire, avec mes idées et comme je veux. Je préfère garder ma liberté. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut insulter ou dire des méchancetés sur les autres.
La chanson kabyle vit des hauts et des bas. A quoi est due, à votre avis, cette situation? La chanson kabyle vit plus de bas que de hauts. Les chanteurs se suivent et les chansons se ressemblent. Il n’y a pas d’innovation ni de création. On manque d’audace et d’aventure. On n’essaye pas d’apporter de nouvelles choses. On ne s’aventure pas et dire peut être que ça va marcher. Les gens font ce qu’on leur demande de faire. Si le non-stop se vend bien, on leur demande de faire que du non-stop. Sans penser à la substance et la profondeur de ce qu’on veut exprimer. Parfois, c’est amusant d’écouter pour cinq minutes ces chansons de fête, mais pas pour longtemps. Car, on ne peut pas avancer de cette manière. Parfois, il y a des reprises qui sont bien faites. Mais, en général, le public préfère l’original que la photocopie. Car, comme je viens de le dire, le public a besoin de la création. Il faut bien savoir choisir la qualité de la mélodie. Il faut penser à la psychologie de la chanson. Moi, si je chante en Allemagne ou en Suède en langue kabyle, je sais que je vais percevoir le public, parce que, peut être j’ai un petit savoir-faire pour pouvoir le leur présenter. Je pourrais créer un univers pour lequel ils viennent. Peut-être que je fais des mélodies simples à écouter. Mais pas à composer. Je vous garantis que je me casse la tête. Il ne faut pas croire que les notes qu’on écoute viennent par hasard, mais je me casse la tête.
Alors pourquoi on ne transmet pas le savoir-faire de votre génération à cette nouvelle génération? Justement c’est la question que je me pose. Franchement, je ne comprends rien du tout. Je n’en sais absolument rien. On peut transmettre beaucoup de choses à cette nouvelle vague, à travers ce qu’on chante et ce qu’on fait. Certes, moi je suis en France et la plupart des chanteurs vivent ici en Algérie, mais on peut toujours travailler ensemble. Ils ne nous sollicitent pas. Je pense qu’ils se sentent bien dans ce qu’ils font, ça marche bien peut-être, ils sont satisfaits et tant mieux pour eux.
Quels sont les chanteurs que vous sentez capables d’assurer la relève? C’est difficile de parler de la relève. Mais dans cette nouvelle vague des chanteurs modernes, j’aime bien quelqu’un qui s’appelle Ali Amrane. Je suis, avec beaucoup d’intérêt, Alillou. Il a une voix avec plusieurs registres, il a démontré qu’il peut chanter ce qu’il veut. Il a les moyens d’apporter quelque chose à la chanson kabyle. Il y a aussi Si Moh qui fait de très bonnes choses, et ce, sur le plan du texte et de la mélodie, c’est très joli ce qu’il fait. Si Moh est un bon exemple à suivre. Dans le traditionnel, j’aime beaucoup Amour Abdenour, Lani Rabah.
La Kabylie recherche toujours son identité. Ne pensez-vous pas qu’on doit dépasser cette lutte? Mammeri dit «Une identité ne se revendique pas, elle se vit». Moi je vis mon identité. Je la proclame et je la chante, je n’ai pas besoin de dire à quelqu’un de me la donner. On doit, seulement, lui donner les moyens de son existence, de la construire à travers la littérature, la musique, la peinture etc. Malheureusement, on est loin de cette vérité. Prenons l’exemple de l’écriture. Nous sommes dans une transmission essentiellement orale. Ça va de la bouche à l’oreille dans deux secondes. Actuellement, on n’a pas encore un réflexe de culture de lire et d’écrire. On écrit d’une manière militante et on lit d’une manière militante en kabyle. Par contre, en français et en arabe on a été à l’école et on a été forgé au fil des années à lire et à écrire. Donc, il est impératif d’enseigner Tamazigh pour la planter dans les esprits de tous les Algériens.
Justement, vous vous êtes engagé pour que l’Algérie multiple assume pleinement sa culture amazighe. Pensez-vous qu’on est déjà arrivé là? Il faut d’abord penser algérien. Je suis kabyle d’Alger et de Tamanrasset, je ne cède aucun point du territoire national. Là où je vais en Algérie je dis que je suis Algérien et Kabyle. Comment ne veut-on pas accepter cette langue et sa culture, alors qu’on porte le même passeport? Ce n’est pas normal! Aujourd’hui, un Québécois parle bien le français, mais il n’est pas Français pour autant. En Algérie l’histoire a fait, pour notre plus grand bonheur, qu’il y ait eu plusieurs influences, dont celles des Arabes et de l’islam. C’est là toute la richesse de l’Algérie et de l’Afrique du Nord. Ceci étant, aujourd’hui, c’est la culture berbère qui est opprimée et c’est uniquement pour cela que je la défends.
La langue amazighe n’est pas reconnue comme langue officielle. Une culture opprimée et une identité «ignorée». Quelles conséquences sur l’Algérie? En Algérie, on a fait un génocide culturel. Après l’indépendance, nous avons tout simplement récupéré une intégrité territoriale. Dès qu’il a été question de l’identité algérienne, on a cru bon de la rattacher à un monde arabe aussi abstrait que mythique. Si on avait axé nos efforts sur l’éducation et la culture, l’Algérie ne serait pas dans cette situation. Avec l’éducation on échappe à l’intégrisme et au totalitarisme. C’est le combat contre soi. Il faut poser les problèmes en termes de justice sociale. Le problème de l’Algérie c’est un problème de culture. Ce n’est pas un problème de dictature, d’islamisme ni de démocratie. La démocratie est un faux problème dans la mesure où l’on n’a pas de vrais démocrates en Algérie. On n’accepte pas les principes de la démocratie à l’occidentale.
Pourquoi la Kabylie s’est retrouvée, aujourd’hui, comme le premier terrain de tous les fléaux sociaux? La région s’est singularisée avec une culture à part. Elle a une raison supplémentaire de vivre dans la mesure où elle a une identité forte au point qu’elle n’a pas besoin de se chercher des valeurs dans l’islamisme ou dans l’arabisme ou dans une idéologie ailleurs. Etant une région rebelle, elle paie cher ce qu’elle vit. Il faut avouer, également, que c’est une région qu’on délaisse. Les pouvoirs publics disent toujours que c’est une région qui a beaucoup d’immigrés. Comment voulez-vous qu’on réagisse quand on vit dans la misère et dans le chômage? Soit on se rapproche de Dieu, soit on vole et on fait des exactions. Il y a aussi, le plus important, une certaine politique voulue. Aujourd’hui, si la Kabylie est le premier terrain de suicide en Algérie, ce n’est pas au hasard, si elle est le terrain de l’alcoolisme ce n’est pas au hasard. Ce sont des fléaux qui n’amènent pas vers le bonheur. Depuis quand, on a construit de nouvelles usines en Kabylie? Il faut voir ce qui se fait dans d’autres régions du pays et de faire un parallèle. Rien ne se fait au hasard, voilà.
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Interview réalisée par Tahar FATTANI
source : http://www.lexpressiondz.com
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Idir et la défense du berbère
27/02/2007 03:03
Le chanteur algérien Idir lutte pour la reconnaissance du berbère dans son pays, aux côtés de l’arabe et du français. Pour être «un Algérien à part entière et non plus entièrement à part».
«Txilek elli yi n taburt a vava invba / ccencen tizebgatin im a yelli ghriba» («Je t’en prie, père Inouba, ouvre-moi la porte/ O fille Ghriba, fais tinter tes bracelets»). Ce refrain de la chanson kabyle «A Vava Inouva» a fait le tour du monde, au début des années 70. Mais seuls les quelque 12 millions de Berbères dispersés dans l’Afrique septentrionale et saharienne ont pu comprendre le sens de ces paroles. Cette chanson est pourtant devenue un «tube» international. Son auteur, le jeune Algérien Hamid Cheriet, a choisi le pseudonyme Idir («Il vivra» en kabyle). «A l’époque des grandes épidémies, on prénommait ainsi les nouveaux-nés pour conjurer le sort. Je l’ai choisi en pensant à ma culture, que je sentais menacée», dit-il. Essentiellement concentrés dans les montagnes du Maroc et de l’Algérie, les Berbères parlent chaoui, chleuh, kabyle, mzab, rifain, shawiya, tshalhit, touareg, targui, tarifit, autant de dialectes du tamazight, leur langue maternelle, qui n’est reconnue comme nationale qu’au Niger et au Mali. Ailleurs, la berbérité est ignorée, voire bannie. «On me donne un passeport algérien, mais il me faut une autorisation pour parler ma langue», proteste Idir qui, à l’instar du grand poète martiniquais Aimé Césaire, prête sa voix à «ceux qui n’ont pas de voix». Ecrire en français, la langue du colonisateur, dans laquelle il a fait toutes ses études — du primaire au doctorat en géologie —, ou en arabe, enseigné à l’époque comme seconde langue en Algérie, ne lui est jamais venu à l’esprit. «De toute façon, si je n’étais pas sorti de mon village, je n’aurais pas parlé un mot d’arabe» dit-il, avant d’ajouter: «Le français ou l’arabe me permettraient sans doute de faire passer mon message à un public plus large, mais je ne saurais ni comment m’y prendre, ni quoi dire». Sa poésie vient naturellement en kabyle, langue des émotions et des premiers contes. Mais c’est aussi un choix: «Chanter en kabyle est en soi un acte de militantisme, une façon d’exprimer ma révolte, de dire que j’existe. Si j’avais fait un autre métier, j’aurais trouvé d’autres moyens pour exprimer les mêmes revendications».
Penser en français, pleurer en kabyle La chanson est un accident de parcours dans la vie de Hamid Cheriet, né en 1945 à Aït Lahcêne, village reculé de la montagne Djurdjura, en Grande Kabylie. A l’âge de neuf ans, il suit son père à Alger, avec sa mère, sa sœur et ses deux frères. Il y fréquente l’école des missionnaires jésuites. «Etre kabyle passe alors pour une marque de dissidence bouseuse», remarque-t-il. C’est son professeur de sciences naturelles qui lui apprend à «gratouiller la guitare». Le futur géologue se met à composer dès l’âge de 16 ans et sympathise avec des chanteurs kabyles. En 1973, il est appelé à remplacer in extremis la célèbre chanteuse Nouara, empêchée d’interpréter en direct sur la radio kabyle d’Alger la berceuse qu’il a composée pour elle. Le succès est immédiat. En 1975, il va à Paris pour signer un contrat avec Pathé-Marconi et il y reste. Depuis, l’enfant d'Aït Lahcêne, ne cesse de défendre la culture berbère, prolongeant ainsi un mouvement lancé à partir des années 40 par de grands écrivains algériens tels que Jean Amrouche, Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Kateb Yacine. Pour ces pionniers, la défense de la langue berbère devait passer par le français, s’ils voulaient se faire entendre. Amrouche confiait: «Je pense et j’écris en français, mais je pleure en kabyle». Aujourd’hui, Idir peut aller plus loin. Il revendique trois langues pour l’Algérie: l’arabe, le berbère et le français. «Je souhaiterais que l’Algérie tienne compte de ceux qu’elle a vu vivre sur sa terre, de ceux qui l’aiment et qui veulent la construire quelles que soient leurs origines, leur langue ou leur religion. L’islam n’a pas à être une religion d’Etat. La religion, c’est pour les croyants et non pour les gouvernements. L’arabe n’a pas à avoir un statut privilégié, sous prétexte qu’il est la langue sacrée du Coran. A plus forte raison l’arabe classique, langue aseptisée que le peuple ne comprend pas. Aucune langue n’est plus légitime qu’une autre, même si le berbère est chronologiquement la plus ancienne. Le hasard de l’histoire a installé ces trois langues sur cette terre. Elles doivent y rester».
Option facultative Mais pour le moment, l’unique média en berbère sur le territoire algérien reste la radio kabyle mise en ondes en 1948, «la seule qui soit soumise à une commission de censure». Héritage français: «le berbère permet de gagner des points au baccalauréat, comme option facultative». Mais l’apprentissage de cette langue ne figure pas au programme de l’éducation nationale. Depuis son élection en avril 1999, le président Abdelaziz Bouteflika a, à son tour, écarté l’éventualité de reconnaître officiellement le berbère, si ce n’est à l’issue d’un référendum. Les Kabyles sont réticents à cette idée, qu’Idir considère comme «très dangereuse». «Si ce référendum a lieu, le résultat sera sans doute négatif, estime-t-il. Et si le peuple dit non à une partie de lui-même, cela signifierait que nous n’avons rien à faire ensemble. Or, à aucun moment de l’histoire, les Berbères n’ont souhaité l’indépendance, à l’exception de quelques illuminés.» Leur principale revendication est la reconnaissance de leur identité au sein de leur patrie. «En tant que Kabyle, je voudrais être un Algérien à part entière et non entièrement à part, comme c’est le cas aujourd’hui.» Minoritaire en Algérie, comme en France, Idir opte pour le partage. Le titre de son dernier album, sorti chez Sony à la fin de 1999 (déjà disque d’or, soit 250 000 exemplaires vendus) n’est pas anodin: Identités, au pluriel. Il y chante avec, entre autres, l’Irlandaise Karen Matheson, l’Ougandais Geoffrey Oryema, les Bretons Gilles Servat et Dan Ar Braz, le Franco-Galicien Manu Chao, les groupes Gnawa diffusion et Zebda, d’origine berbère, arabe et française. Autant de représentants de cultures marginalisées, qui lui ont permis de montrer que sa culture «aussi minoritaire soit-elle, peut s’inscrire dans l’universel». |
| Jasmina Sopova, journaliste au Courrier de l’UNESCO. |
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Commentaire de abdelhak (02/03/2007 03:18) :
AREZKI.
tout d'abord je te souhaite une bonne continuation pour les
informations concernant notre culture de notre chér pays ALGERIE MON
AMOUR MALGRÉ TOUT NABRIK
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IDIR : LA BIOGRAPHIE
27/02/2007 03:02
Idir est propulsé sur le devant de la scène internationale en 1973 avec le succès de sa chanson "A Vava Inouva". Depuis lors, il est considéré comme un chantre de la chanson kabyle contemporaine.
 Hamid Cheriet, dit Idir ("Il vivra" en kabyle), est né le 25 octobre 1945 dans le village d'Aït Lahcène en Grande Kabylie (Algérie). Fils de paysans, il s'initie à la musique en jouant de la flûte et des percussions, en menant les bêtes aux champs. Il part pour Alger à l'âge de neuf ans suivre l'enseignement des missionnaires jésuites. Il commence à composer à 14 ans pour des chanteurs kabyles, qui apprécient son jeu de guitare imitant les rythmes du tambour bendir, tout en utilisant les accords occidentaux.
En 1973, étudiant en géologie, il remplace au pied levé lors d'un radio crochet à Radio-Alger , une artiste défaillante pour qui il a écrit une berceuse inspirée par un conte kabyle. C'est "A Vava Inouva" (Mon petit papa), qui sur fond de guitare sèche, évoque une veillée familiale autour du feu, dans un village enneigé dont la tranquillité est menacée par un ogre, que beaucoup interprèteront comme le pouvoir d'Alger.
La chanson est gravée sur un 45 tours, qu'Idir, militaire dans la ville de Blida, entend avec surprise quelques mois plus tard sur les ondes de Radio France. Cette berceuse le propulse sur le devant de la scène internationale (la chanson sera traduite en sept langues) et fait de lui un chantre de la chanson kabyle contemporaine.
Arrivé à Paris en 1975, il enregistre son premier 33 tours "A Vava Inouva" l'année suivante, puis un second, "Nos Enfants" en 1979. Tout en donnant quelques récitals et en composant pour d'autres, Idir, homme discret qui se tient à l'écart du show-business, s'éclipse une dizaine d'années.
En 1991, ses deux premiers albums sont compilés sur un même CD et Idir gagne un procès contre son ancien producteur, ce qui lui permet de réenregistrer d'anciens titres. Il revient alors sur le devant de la scène, se produisant au New Morning à Paris en février 1992. Il enregistre un nouvel album "Les Chasseurs de lumières" en 1993, introduisant aux côtés des flûtes, de la guitare sèche et des derbouka, des synthétiseurs. Il y chante ses thèmes de prédilection, l'amour, la liberté et l'exil. Le chanteur breton, Alan Stivell le rejoint sur un titre. Dans la foulée de cet album, Idir se produit trois soirs de suite en juin 1993, sur la scène de l'Olympia.
En juin 1995, Idir qui a toujours appelé à la réconciliation nationale en Algérie et à la lutte contre le fanatisme, est l'initiateur avec Khaled de l'association "L'Algérie la vie". Il se produit avec lui et de nombreux invités sur la scène du Zénith de Paris. Il participe également à l'hommage rendu à Lounes Matoub, chanteur kabyle assassiné en juin 1998.
Sorti en 1999, "Identités", son quatrième disque, bénéficie de la présence d'artistes d'horizons musicaux différents : Manu Chao, ancien chanteur de la Mano Negra, les bretons Dan Ar Braz et Gilles Servat, le chanteur africain Geoffrey Oryema ou les groupes Zebda, Gnawa Diffusion et L'Orchestre National de Barbès. Maxime le Forestier, y interprète une version de "San Francisco" en kabyle, rebaptisée "Tizi Ouzou".
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source : Hall de la chanson |
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