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Djaffar Chetouane, écrivain:“Mon rêve est de traduire mes livres en tamazight”
14/11/2012 22:36
Natif de Tizi Ouzou en 1968, l’écrivain vit actuellement aux États-Unis d’Amérique. Il a publié Donkey heart, monkey mind, un roman biographique qui relate son histoire et les raisons qui l’ont poussé à quitter le pays. L’auteur compte traduire son livre, adapté au cinéma, vers l’arabe et le français, et nourrit l’espoir de faire de même pour tamazight.
Liberté : Parlez-nous de votre parcours… Djaffar Chetouane : Je suis né à Tizi Ouzou en 1968. Je me suis installé aux USA en 1989 où j’ai préparé un magistère en mathématiques à l’université de San Francisco, en Californie. J’ai enseigné cette discipline jusqu’en 2007, mais sous l’impulsion d’amis ayant écouté mon histoire, j’ai décidé de me mettre à l’écriture. Je me suis attelé à la rédaction de mon premier roman qui est autobiographique mais romancé. Le livre a reçu un bon accueil du public américain.
Donkey heart, monkey mind est le titre de votre roman en anglais, quelle histoire y relatez-vous ? Donkey heart, monkey mind est un livre autobiographique. Il raconte l’histoire d’un jeune Algérien arrêté lors d’une manifestation par la police et qui prend la décision de quitter son pays à la recherche d’une liberté absente dans son environnement immédiat. Cette quête va le conduire d’abord dans plusieurs pays d’Europe, mais il jettera son dévolu sur les États-Unis d’Amérique qui représentent, aux yeux de ce jeune, le paradis de la liberté. Il s’y installe et y construit sa vie.
Sera-t-il un jour traduit dans une autre langue plus accessible aux lecteurs ? J’envisage de faire traduire mon livre en français et en arabe pour qu’il soit accessible au public algérien en général et au public kabyle en particulier. Mais pour moi, le rêve absolu est qu’il soit traduit un jour dans ma langue maternelle qui est tamazight.
Il sera également adapté au cinéma… Mon livre est effectivement adapté en scénario, mais pour l’instant sa réalisation reste un projet, étant donné que le coût est assez élevé, mais plusieurs sociétés de production sont sur le film.
Par : Mohamed Mouloudj
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Entrevue avec M. Boussad Ouidja (Belqacem Ihidjaten)
12/04/2012 01:10
C’est très jeune que Belqasem Ihidjaten a commencé à composer des poèmes (1974-1975) et c’est depuis longtemps qu’il rêve de se voir publier. Ce rêve est réalisé puisqu’en 2004 il voit son premier recueil de poésies publié en Kabylie quelques temps après s'être installé à Montréal.
Kabyle.com : M. Ouidja, vous faites de la poésie depuis des années, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Boussad Ouidja: Avant de commencer, je tiens d’abord à Saluer tous les lecteurs de Kabyle.com. En effet, j’écris des poèmes depuis mon jeune âge. Depuis mon arrivée à Montréal, ma passion pour l’écriture s’est accentuée. C’est ainsi que plusieurs ouvrages ont vu le jour dont le tout dernier recueil « À travers la brume ou Udhir Uffir ».
Pouvez-vous nous donner plus de détails quant au choix de ce titre ?
Ce titre en lui-même veut tout dire. Dans ce recueil, j’ai parlé de beaucoup de choses, j’ai abordé certaines vérités de mes frères, de mon peuple… J’ai soulevé des thèmes qui demeurent encore tabou en vulgarisant les banalités de ma communauté.
Je pense que «Udhir Uffir » est le 6ème livre paru. Pouvez-vous nous parler de vos premiers recueils ?
Effectivement il y a eu des recueils avant Udhir Uffir (édité chez l’Harmattan à Paris). Il y a eu, Ahiwec (le glanage),Tamusta n isefra (poignée de poèmes),Seg wawal ar wayedh (du mot a l’autre),Assegres (Lange)
Ces quatre recueils sont édités à compte d’auteur. Itij assemadh (le soleil froid ) a été édité par le HCA (Haut Commissariat à l’Amazighité)
Et pour le dernier, il est également édité à Paris par l’Harmattan.
Nos sages disaient « C’est la misère qui fait faire des vers «d lmahna i g sfruyen» est-ce vrai ?
Il est très difficile de contredire la sagesse populaire, sauf que la misère change aussi de visage. La misère évolue avec le temps et les mœurs ce qui est tout à fait naturel.
Avec tous les recueils parus et ceux à paraître bientôt, je constate que la poésie occupe une grande place dans votre vie, pouvez-vous nous en parler ?
C’est vrai que la poésie me passionne énormément et que j’y consacre une grande partie de mon temps. La poésie est le cri du cœur et apaise les âmes.
Pouvez-vous nous parler de votre premier essai poétique si vous vous en souvenez ?
Si mes souvenirs sont bons, je devais écrire mes premiers textes en 1975. Je vous livre ci-après un petit extrait :
Ma yettnuzu ssber fell-am
At ayey mebla ….ssuma
Itij icerquen s ttlam
Yer yuri ur yennulfa
Ad cfuy fellam
3uhday-kem a tanina…
Vos poèmes versent légèrement dans «la poésie engagée» est-ce voulu ? Je cite par exemple le poème : «Iqcer» (Les lambeaux de chair) * ou encore «Tilwit" (l'existence)**
Vous savez que l’engagement est aussi un mot complexe. Chacun peut lui donner un sens ou son interprétation.
Je peux citer l’exemple de Che-Guevara : Beaucoup pensent qu’il n’est aussi engagé que ça du fait qu’il a quitté sa patrie « Cuba », or peut-on mettre en doute son engagement pour la révolution cubaine ?
Dans «Udhir Uffir» vos poèmes touchent à tout : l’exil, la misère, la nostalgie et l’amour et plusieurs sujets de la vie quotidienne. Nous ressentons en les lisant que ça vous affecte beaucoup, pourquoi ?
Vous savez, Madame, on n’est jamais heureux en terre d’exil quelles que soient les conditions dans lesquelles on vit et tant que nous vivrons dans un pays qui ne nous a pas vu naitre, on ne pourra jamais être heureux. Le poids de la nostalgie pésera toujours sur nous.
Vous avez même traduit en kabyle un poème de Rimbaud (Le dormeur du val), comment vous est venue l’idée de toucher à l'oeuvre de ce grand homme ? Est-ce que ça été facile de le traduire ?
Je n’ai pas seulement traduit un texte de Rimbaud, mais de beaucoup d’autres auteurs aussi, tel que Gilles Vigneault, Apollinaire, Nelligan, Enrico Macias. Dans chacun de mes recueils je rajoute une traduction d’un auteur. C’est ma vision d’enrichir notre langue avec des idées d’hommes qui ont marqué le monde et leur peuple.
Vous avez encore 5 recueils en voie de parution ? Ça sera pour quand et pouvons-nous connaître les titres ?
Il y a encore 8 manuscrits finis, saisis et archivés prêts pour être édités. Des promesses sont là mais la concrétisation se fera avec le temps . Concernant les titres, nous attendrons leur parution pour le connaitre.
Vous vivez à Montréal depuis plus de 10 ans, vos livres sont édités en Kabylie, pour ceux qui vivent ici au Canada ou ailleurs, comment peuvent-ils les acquérir ?
Pour le dernier, c’est a dire "Itij assemad (le soleil froid )" quiconque peut l’avoir par le billet d’Internet chez l’édition L`Harmattan. Pour les autres recueils, ils se vendent a Tizi-Ouzou, Bejaia et Bouira sinon ils pourront me contacter et je leur ferai parvenir le recueil du titre désiré .
Le mot de la fin M. Ouidja ?
Je vous remercie infiniment pour l’intérêt que vous portez à ma poésie comme je remercie également Kabyle.com pour l’espace qu'il m’offre. J’aimerai lancer un appel à mes frères Kabyles afin qu’ils produisent et qu’ils écrivent dans notre langue. C’est de cette façon que notre langue et notre identité soient sauvegardées.
Tout reste à mettre noir sur blanc pour les nouvelles générations. De ce fait, il faut écrire, écrire…écrire en kabyle.
Tanemirt
Propos recueillis parTassadit Ould-Hamouda - Kabyle.com Montréal
Source:http://www.kabyle.com/fr/articles/entrevue-avec-m-boussad-ouidja-belqacem-ihidjaten-19520-10042012.html
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«Très jeune j'ai pris conscience de la valeur de ma culture»
08/01/2012 17:34
Entretien Tassadit Ould Hamouda Présidente de l’Association Tafsut:
Militante associative infatigable, Tassadit Ould Hamouda, présidente de l’Association Tafsut de Montréal évoque dans cet entretien ses projets, ses activités et celles qu’elle prépare pour le nouvel an amazigh.
La Dépêche de Kabylie : L’Association Tafsut que vous présidez est présente sur toutes les scènes du Québec et dans tous les festivals canadiens, comment arrivez-vous à honorer tous vos engagements alors que la majorité des membres sont encore aux études et vous-même au travail ? En effet, malgré que tous les membres de Tafsut sont aux études (secondaire, université) et qu’il est un peu difficile pour nous de nous retrouver chaque fin desemaine pour nos pratiques et souvent pour des participations aux spectacles, il n’en demeure pas moins qu’on répond toujours présents aux invitations émanant de différentes structures culturelles. Nous tenons à cet effet, à rendre un vibrant hommage à toutes ces filles pour leur sens des responsabilités et leur attachement à leur culture.
Vous êtes d’ores et déjà à pied d’œuvre pour célébrer Yennayer ... Après deux célébrations de fêtes de fin d’année auxquelles nous avons participé, nous célébrons avec «Azul de Kabylie» Yennayer le 14 janvier 2012 à 20h00 à la salle Brébeuf (sise au 5625, rue Décelles - Entrée Pavillon Coutu - Métro Côte des Neiges ou Université de Montréal). Cette année nous avons invité l’artiste kabyle Aldjia avec l’aimable collaboration de Fouad Yalaoui, du groupe Tafsut, de Karim Akouche et du talentueux Samir Harfi au clavier et à l’animation, Hmimich, qui viendra spécialement des États-Unis. Quant au printemps amazigh, il sera fêté le 14 avril 2012 à Montréal avant notre départ pour Prague où nous sommes invités à participer aux célébrations du Printemps Berbère. «Le 20 avril en république Tchèque et dans deux autres villes non encore déterminées. La délégation pour la République Tchèque sera composée de Tafsut et de la troupe La Traversée. En plus des danses chorégraphiques que présentera Tafsut, la troupe théâtrale fera sa première apparition à l’extérieur du Canada et sa première européenne pour sa pièce qui a remporté un grand succès au Canada «Qui viendra fleurir ma tombe ?»
D’autres villes européennes peut-être ? Probablement nous serons à Bruxelles, et nous sommes en négociation avec d’autres villes françaises.
Récemment vous avez organisé des activités pour la levée des fonds pour l’enseignement de Tamazight à Montréal, étaient-elles une réussite, avez-vous engrangé la somme nécessaire pour maintenir cet enseignement ? Cette soirée de «Levée de fonds» a été organisée par les associations Inas et Acaoh qui font un excellent travail pour l’enseignement de Tamazight à Montréal et à Ottawa. La soirée avec Fahem Mohamed Saïd a été un grand succès et les Kabyles ont répondu présents pour cette honorable cause et aussi pour encourager l’artiste qui a marqué notre jeunesse et qui est venu pour la première fois à Montréal.
Est-ce facile pour une femme kabyle, qui en plus de son travail, des enfants et des occupations quotidiennes d’activer et de militer ? Comment notre communauté voit-elle cela ? Etant jeune j’ai très vite pris conscience de la valeur de ma culture et de ma langue. Avec de jeunes cousins, on est arrivés à recevoir les revues «Imedyazen» (éditée en France) et «Ittij» (éditée au Canada), et cela du temps de la tristement célèbre Sécurité militaire qui sévissait partout en Kabylie. On faisait alors de ces revues, une large diffusion. En outre, j’ai travaillé à Rouiba et avec les Kabyles de SNVI, on a mis une structure de militants berbéristes. On a pu tenir des réunions même devant le Palais du gouvernement. Ceci démontre ma conviction profonde pour notre cause. Certes nous rencontrons parfois des embûches, ce qui est normal dans toute action, mais cela ne nous empêche pas d’aller de l’avant et de continuer notre travail en étant convaincue de la justesse de notre cause.
Le mot de la fin ? Avant de clore, j’invite notre communauté à venir en masse applaudir et encourager l’artiste Aldjia. Enfin, je remercie beaucoup la Dépêche de Kabylie pour l’intérêt qu’elle accorde à nos activités et saisissons cette occasion pour remercier tous ceux qui nous soutiennent dans notre travail. Yennayer Ameggaz à tous les Kabyles.
Propos recueillis par Arezki G.
Source : http://www.depechedekabylie.com/cuture/103999-tres-jeune-jai-pris-conscience-de-la-valeur-de-ma-culture.html
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Commentaire de HAMID (08/01/2012 19:58) :
Je suis trés fiere de notre Tassadit.T u honnores tout le village de
tassaft ouguemoune;tu es notre ambassadeur.l e combat de nos martyrs
triomphera.En cette célebration de yenayer au canada;je vous demanderai de
porter haut un pensée pour nos valeureux martyrs de la démocratie et de
l'amazighité de l'Algerie entiére et en particulier aux martyrs de notre
village:Ammar Athamouda;amirouche;Mustapha Bacha;Djaffar Ouahioune;kamel
ath hamouda et Azzedine Yousfi(martyr du pringtemps noir).Signé:hamid
n'khwalim
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L'exil et la relève berbère ...Quand la langue de ma mère me fait parler et m'interpelle
27/11/2011 00:43
Samedi 19 novembre 2011, les artistes Fahem, Sghira, Zahia et le groupe Berbanya ont animé une soirée-bénéfice pour l'association INAS au collège Maisonneuve de Montréal. Inas sollicite la générosité des Kabyles pour amortir les frais des parents dont les enfants suivent les cours de Tamazight. Plus de 60 000 Algériens vivent au Canada dont une grande partie est kabyle. Certains se sont exilés pour des raisons politiques, d'autres pour des raisons économiques ou autres. Il n'est un secret pour personne que la plupart des compatriotes vivent au Québec notamment à cause de la langue française. En plus du fait de se faire une place dans leur nouvelle société, les Algériens sont préoccupés par les valeurs ancestrales qu'ils doivent inculquer à leur progéniture pour qu'elle ne se soit pas coupée définitivement de leur culture d'origine. Parmi les facteurs extrêmement sensibles voire vitaux à cette démarche la langue. En effet, dans cette nouvelle patrie, toutes les communautés qui la composent se démènent pour dispenser ne serait-ce le minimum de langue maternelle à leurs enfants.
D'où l'existence du programme PELO (programme d'enseignement des langues d'origine) financé entièrement par le gouvernement du Québec dans des écoles qui répondent à certains critères comme la présence d'au moins 15 élèves parlant leur langue maternelle. D'ailleurs c'est ainsi que la langue arabe a déjà eu droit à ce genre de service pédagogique. Ce qui n'est malheureusement pas le cas pour la langue amazighe. Toutes les tentatives de certains acteurs de la communauté kabyle ont été vaines. D'où le paradoxe qu'on pourrait déceler dans la démarche de la majorité des Kabyles. D'un côté, ils manifestent, ils crient même leur identité partout. D'un autre côté, ils ne déclarent pas leur langue maternelle dans les écoles de leurs enfants. Ce qui pénalise Tamazight dans ses droits garantis à toutes les langues d'origine. Ils gonflent surtout les rangs de la langue arabe puisque se déclarer Algériens équivaut automatiquement pour les Occidentaux au fait d'être arabe.
Devant un tel constat amer, faudrait-il rester passif et laisser faire? La réalité a prouvé le contraire puisque certains militants de l'identité berbère (regroupés dans l'association INAS) ont décidé depuis presque 3 ans de prendre en charge cette lourde tâche pour donner des cours de berbère aux enfants kabyles au centre Lajeunesse de Montréal tous les samedi matin. Cependant, une telle entreprise ne pourrait fonctionner avec une simple ou une grande volonté, Il faut des moyens humains et financiers. Si les premiers pourraient se porter volontaires comme d'habitude dans les traditions militantes, les seconds demeurent capitaux et exigent la contribution conséquente de ceux qui se disent jaloux de leur langue et de leur identité violemment brimées pendant des siècles dans leur pays d'origine. Pour le moment, l'association INAS tient bon et ne baisse pas les bras. Mieux encore, elle s'acharne à maintenir vivant et dynamique son noble projet en enclenchant des levées de fonds avec l'aide des artistes bien établis dans la société kabyle. Le premier qui a inauguré ce processus militant était Boudjema Agraw qui a donné une prestation de haute facture en 2010. Le second n'est autre que le chanteur Fahem qui a accepté avec beaucoup d'abnégation et de générosité l'invitation d'INAS.
C'est dans ce cadre que la soirée avec l'artiste Fahem a eu lieu au collège Maisonneuve de Montréal le samedi 19 novembre. Le spectacle animé par Zahia et Mohand Arab de l'association d'Ottawa a commencé par les chants des enfants qui apprennent Tamazight au sein d' INAS. Dirigés magistralement par Zahia qui est à la fois chanteuse et enseignante. Ces enfants articulaient correctement leur langue et absorbaient fièrement les cantines pédagogiquement adaptées à notre culture ancestrale. Vient ensuite le groupe Berbanya qui a inauguré son répertoire par un instrumental chaabi en guise d'hommage en grand maître El Anka. Berbanya a également accompagné Sghira coquettement habillée en tenue traditionnelle. Cette jeune fille talentueuse a envouté l'assistance avec sa belle voix en chantant la diva Nouara et la grande dame Taos Amrouche. Enfin, le grand Fahem entame son répertoire qui a curieusement emballé même la jeune génération qui n'était pas encore née quand il a conquis les jeunes des années 70.
En somme, la soirée était parfaite et harmonieuse. Toutes les générations se côtoyaient et dansaient aux rythmes kabyles, anciens et actuels. Les enfants qui courraient dans tous les sens dérangeaient certains, mais leur présence était primordiale, car, c'est ainsi qu'on absorbe les sons et la culture de son peuple. Le spectacle, qui a été donc un immense succès à tous les points de vue, a pris fin vers minuit avec certaines annonces notamment la sortie du DVD de la pièce de théâtre ASS N UNEJMAA de Arab Sekhi, l'hommage que le CAM consacre à Mohya le 10 décembre au centre Africa et le spectacle, ''Qui viendra fleurir ma tombe ?'', qui aura lieu le 1 décembre à la place des Arts parrainé par QUBECOR.
Place des arts
Écrit par Djamila Addar
Source : http://berberes.com/index.php?option=com_content&view=article&id=3278:lexil-et-la-releve-berbere&catid=41:culture&Itemid=62
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GRANDE FIGURE DE LA LITTERATURE ALGERIENNE...Chabane Ouahioune : romancier et chroniqueur.
28/12/2010 02:26
Quand les mots conquèrent les nids d'aigle...
L’auteur de Tiferzizouith ou le parfum de la mélisse revient, du haut de ses quatre-vingt neuf ans, sur les devants de la scène littéraire qu’il a marqué de sa griffe au début des années quatre-vingt, avec un roman au titre évocateur de son amour inextinguible pour sa terre natale, la Kabylie: L’Aigle du rocher.
Cet oiseau de proie, de fierté et de puissance, Chabane Ouahioune l’a conçu comme un messager romanesque chargé, par sa connaissance intime et céleste de son territoire imprenable de raconter, de ses vols majestueux et ses pics, ailes déployées et le regard perçant, de raconter les villages, les ravins, les cours des rivières, la faune, la flore, le dur labeur des paysans aux terres escarpées, aux enfants, à ses petits-enfants. Un legs d’une passion. Une prosopopée, un conte raconté du ciel, des cimes du Djurdjura sur lesquelles, été comme hiver, s’ouvrent les fenêtres de la maison de l’écrivain. Tant d’années ont suivi le cours des rivières qui peinent à se frayer un cours au fond des gorges enserrées. Il est là, debout, du haut de son balcon, il regarde, il se regarde car la nature est son miroir. Devant tant de splendeur végétale, peu importe le poids des ans. L’aigle, jamais, ne vieillit dans sa symbolique. Il est toujours peint, décrit, raconté, imaginé dans sa puissance légendaire, emblématique. D’autant qu’il ne s’agit pas de n’importe quel aigle. L’Aigle du rocher. Il est né dans ce village en nid d’aigle le 23 avril 1922, à Tassaft Ouguemoune, cœur et fief révolutionnaires du Colonel Amirouche, chanté, loué pour sa témérité et celles de ses hommes aux maquis libérateurs, surnommé, à juste titre « l’Aigle du Djurdjura ». La symbolique ne s’épuise pas. L’enfant Chabane a qui de tenir. Son père, Mohand Améziane, normalien de Bouzareah, fin lecteur, écrivait des articles dans La voix des humbles, le journal des instituteurs du début du vingtième siècle. Il sait, comme Mouloud Feraoun, que seule l’instruction, pour l’indigène colonisé, vainc la misère et affranchi du joug, des pièges, quand bien même cette instruction est chichement distribuée, comme les sacs de blé aux temps de la disette, aux colonisés qui, pour la ténacité qu’ils ont acquis à braver les rigueurs montagneuses, jusqu’aux nids d’aigles, apprennent avec rage l’alphabet des plaines conquises. Le jeune Chabane entre lui aussi à l’école normale en 1942. Un sanctuaire de la connaissance qui promet un avenir tout tracé sur les pas prestigieux du paternel, n’eût été l’ordre de réquisition sur les fronts de la Seconde guerre mondiale. Beaucoup d’élèves de sa section se sont vaillamment sacrifiés pour la France libre contre le fascisme. La mort des jeunes montagnards hors du charnier natal est pareille à ces oiseaux rapaces exotiques, exilés de leur désert , pour distraire les touristes de passage dans les périphéries des capitales de l’or noir d’Arabie. L’armistice signé, Chabane Ouahioune retrouve Tassaft Ouguemoune et reprend ses études à l’école normale de Bouzaréah. Mais quelque chose en lui s’est sans doute cassé au contact de la réalité sordide de la guerre. Trop d’injustices. Tel le personnage de Mouloud Mammeri dans son roman Le sommeil du juste revenu du Front désenchanté. Jusque dans les vertus de la République et de l’école de Jules Ferry.
Chabane Ouahioune rompt ainsi avec l’héritage pédagogique du père et décide de s’inscrire à la Faculté de droit d’Alger pour devenir avocat. Il y décroche son certificat d’aptitude au grade de Bachelier en droit en date du 26 juin 1948 et son diplôme de licencié en droit le 25 février 1949. Trois années auparavant, en 1946, alors étudiant en droit, dans un hôtel d’Alger centre où il a loué une chambre avec un de ses amis, il fait la connaissance d’un locataire qui aime cuisiner, préparer du thé à satiété et écrire. Ce locataire n’est autre que Mouloud Mammeri, alors enseignant au lycée de Ben Aknoun. Il apprécie les qualités morales et intellectuelles de son hôte, Chabane Ouahioune. Il lui confie même, sitôt écrites, des pages de son manuscrit, son premier roman La colline oubliée. Ouahioune s’en délecte dans sa chambre d’hôtel où, sur la demande appuyée de Mouloud Mammeri, il se fait lecteur de manuscrit et de quel manuscrit ! Trente années plus tard, après la publication de son premier roman La maison au bout des champs, Chabane Ouahioune est lecteur correcteur aux éditions Sned. Le premier contact avec l’écrit romanesque date de cette rencontre décisive avec Mouloud Mammeri, un « pays » de Beni Yenni tout proche de Tassaft Ouguemoune. Pour un indigène, même naturalisé français pour les besoins de la cause professionnelle, le barreau est un guêpier. Plaider, oui, mais quelles causes, hormis les affaires de chiens écrasés ? Les événements se précipitent et, avant que n’éclate la guerre de Libération, Chabane Ouahioune quitte Alger, le barreau compromettant et de nombreux amis et personnalités du milieu politique et juridique algérois d’alors. Il prend son envol vers Tassaft Ouguemoune où, au milieu des siens, il vit la guerre de Libération, de son déclenchement à la Libération. Il n’est ni instituteur ni non plus avocat.
C’est un paysan qui travaille la terre, s’emploie à la greffe des arbres fruitiers ; c’est un chasseur à la gibecière toujours pleine, familier des ravins, des rivières, de la diversité florale et faunistique de son coin natal aux reliefs tourmentés qui, en ces hivers de lutte, connaissent les bourrasques de neige du Djurdjura mais aussi l’indolence feinte de l’aigle du rocher. Les maquisards et le Colonel Amirouche en tête, ne sont pas sans savoir que ce chasseur de gibier sur le terrain de leur maquis est « d’éducation kabyle et de culture française » naturalisé français. Il ne prend pas le maquis. Mais, ils lui vouent le respect. Il aide les maquisards, paye ses cotisations et n’hésite pas à reprendre contact avec ses amis hauts placés d’Alger, du Gouvernement, pour plaider la cause d’un citoyen injustement arrêté dans la région, tel fut le cas d’une jeune fille de Tassaft qui, sans son intervention, aurait été tuée par ses geôliers. De toutes ces années de guerre vécue au cœur de la Kabylie d’Amirouche, Chabane Ouahioune n’en a pas fait véritablement son Roman de l’héroïsme guerrier, du moins un témoignage d’autoglorification. Dès l’indépendance et les premiers déchirements fratricides des « Conquérants », il fait sa valise et rejoint, citoyen français, la France qui n’est pas sa patrie, en Indre et Loire. D’abord, seul, pour prospecter des possibilités d’embauche. Avocat à Paris ? Une lubie. Mais des perspectives de travail s’offrent à lui dans les nombreuses affaires litigieuses du contentieux dans le domaine public, principalement dans les hôpitaux. Il revient à Tassaft Ouguemoune, prend sa famille en Indre et Loire. C’est l’année 1963. Malgré les vicissitudes de l’exil assumé, Chabane Ouahioune gagne aisément, pour l’époque, sa vie et celle de sa famille. Il a l’œil aiguisé d’un aigle qui fonce sur sa proie. Il est à l’écoute des transplantés, ouvriers venus de toute l’Afrique mais aussi des Français, des Italiens, des Portugais, tassés dans cet hôtel du Parc rouge tenu par Mme Léon, égayé par Djoumga, un noir qui gratte sa guitare quand la quinzaine tarde à venir au grand dam de la logeuse qui a fort à faire avec les impôts et les descentes de police, fréquentes. Il en fait un roman, pas son premier, pourtant. Il a la nostalgie du pays, surtout de la nature sauvage de Tassaft Ouguemoune. En Indre et Loire, il y a des hirondelles, des vaches. Il a besoin, aux heures fraîches des cours d’eau, des ravins, des sentiers à donner le vertige même aux chèvres insatiables, d’admirer le maître des cimes, son Aigle du rocher.
Il décide de mettre un terme à son exil. Il veut rentrer au pays. Mais de quelle manière ? En tout cas, pas à la façon de l’émigré ordinaire. D’Indre et Loire, il envoie un manuscrit à la SNED qui l’accepte sous le titre d’origine La maison au bout des champs et le publie en 1979. Son auteur, en Indre et Loire, en savoure le succès éditorial à travers la presse.Une année après la sortie de son roman, Chabane Ouahioune rentre au pays où l’a précédé son livre. Certes, il aurait pu le publier en France, s’y faire une notoriété. Il a décidé de l’envoyer au pays, comme en un retour d’abord littéraire avant l’embarquement physique. Ce roman, au titre énigmatique, La maison au bout des champs, raconte toutes ses années de guerre à Tassaft Ouguemoune par la symbolique de ce gît isolé ( celui d’une vieille femme gardienne des lieux et des maquisards) oublié, jeté aux oubliettes, à la périphérie des champs, d’où ce repli géographique « au bout des champs ». La seule critique, assez virulente pour l’époque, est venue de Tahar Djaout dans les colonnes du quotidien El Moudjahid, daté du dimanche 30 septembre 1979, date de parution du roman, dans un article sous le titre Un roman circonspect . Il l’introduit par des observations de forme sur la couverture du livre : « Sous cette couverture pour le moins inesthétique, qui irait parfaitement, avec ses bandes colorées et son jeu de rectangles, à un ouvrage d’audit ou à un quelconque traité d’informatique, se cache bel et bien un roman » Ce qu’il en dit du contenu est au cœur du débat de l’époque sur le traitement romanesque de la guerre de Libération des années après son déroulement : « Il est par ailleurs remarquable que, dans la littérature algérienne, les seuls romans valables sur la guerre sont ceux écrits durant la guerre. Ce qui fait la valeur et la vérité des œuvres de Mammeri, de Dib et de Kateb, c’est sans doute cette colère recueillie sur le vif et cette inscription au cœur d’un désarroi et d’une explosion qui étaient quotidiens. Mais depuis l’indépendance, nous voyons naître chez des auteurs qui n’ont pas écrit durant la guerre, une sorte de littérature qui fonde sa condition d’exister sur un renoncement au présent » Cette mise en situation n’est pas, loin s’en faut, pour conforter le roman : « La maison au bout des champs, écrit Djaout, pose la problématique de l’impossible engagement d’un homme empêtré dans son intellectualité ( mis entre guillemets). Comme détaché de la tournure de la guerre que seuls lui rappellent ses perpétuels cas de conscience, il se contente chaque matin d’ouvrir une lucarne pour regarder et écouter. Ou encore, assis tranquillement devant sa porte,, il « songe dans la clémence du soleil, assailli de tous côtés par les bruits de bataille et de bombardements ». Djaout nuance, néanmoins, son propos dans la chute de son article : « Certes, tout n’est pas mauvais dans ce roman. Quand Ouahioune laisse en paix l’héroïsme et les héros pour parler de l’été, des lézards et de la mouture des piments, il nous donne des pages d’une agréable sensualité. Il ne manque à La maison au bout des champs fabriqué à l’aide de faits qu’on sent authentiques et imprégnés d’amour et d’émotion, que cette transcendance de l’événement et un certain travail d’écriture qui en auraient fait un véritable roman ». Djaout et l’auteur deviennent amis et entretiennent un respect mutuel. Dans ses Lettres de Kabylie paraissant au quotidien Le Soir d’Algérie, après l’assassinat de Djaout, Chabane Ouahioune n’a pas manqué de rendre hommage à ce poète des « enfants terribles » de la littérature algérienne.
Dans ses bagages du retour définitif au pays de l’Aigle du rocher, Chabane Ouahioune n’a pas oublié un manuscrit ébauché en Indre et Loire. Il le fignole à Tassaft Ouguemoune. Les conquérants au parc rouge, c’est le titre du roman, est publié toujours par la Sned en 1981. Au grand bonheur de son critique Tahar Djaout, Ce roman ne traite pas de la guerre même si c’est son contexte historique qui en constitue le cadre. Le parc rouge dont il s’agit est un hôtel miteux à Montreuil où logent les immigrés débarqués d’Algérie et de pays de l’Afrique subsaharienne. L’auteur y décrit la misère noire, la quête incertaine de l’embauche, mais aussi la solidarité et la douceur de ses compatriotes avec humour et véracité. Quant au terme Les conquérants, celui-ci était employé par les Français de la métropole qui qualifiaient les nouveaux débarqués de « conquérants » avec une charge péjorative, faisant allusion à la conquête islamique qui s’en fut jusqu’aux portes de l’Europe. Une touche symbolique du titre par laquelle Chabane Ouahioune dénonce le racisme, un thème qu’il développe dans un autre roman Ce mal des siècles. Dans une étude critique « Clichés et métaphores dans une littérature de commande idéologique : Lecture de douze romans publiés en Algérie de 1967 à 1980 », Charles Bonn se propose de décrire la faillite discursive du discours identitaire d'Etat, dans son application à une littérature de commande à travers douze romans, tous publiés à la SNED. Parmi ces derniers, ceux de Chabane Ouahioune : « La fonction commémorative semble donc prédominante, et s'inscrire dans une double dynamique de ralliement : ralliement à la dimension commémorative que l'idéologie officielle semble considérer comme la caractéristique d'une littérature nationale ; ralliement à un modèle de littérarité diffusé en grande partie par l'école » Cette constatation faite, le spécialiste relève : « Quoiqu'il en soit, seuls La Mante religieuse de Jamal Ali-Khodja (1976) et Les Conquérants au Parc rouge (1980) de Chabane Ouahioune ne situent pas tout ou partie de leur action dans le cadre de la Guerre d'Indépendance. 1979 et 1980 (…) , une relative diversité commence à se faire jour parmi les sujets des romans. Seul Les Conquérants au Parc rouge (1980), de Chabane Ouahioune situe résolument son action dans l'actualité de l'émigration algérienne à Paris, dont il se veut la chronique vivante ». Analysant, après Tahar Djaout, le roman La Maison au bout des champs, relève à son tour : « La Maison au bout des champs nous décrit la voie triomphale du "djoundi" qui gagne toutes les batailles à un contre deux cents, car le bon droit rend invincible. La métaphore diégétique dans ce roman pousse d'ailleurs sa logique jusqu'à trahir son propre dessein de dénonciation des atrocités de la répression colonialiste, puisque, citant l’auteur, « s'en prendre à une pauvre maison inoffensive (y) constitue la mesquinerie la plus abjecte dont pouvaient se rendre coupables des hommes qui se disaient guerriers ». Dans Les Conquérants au Parc rouge le paysan algérien obligé d'émigrer dix ans après l'Indépendance, pour des raisons économiques, soit celui-là même qui tient dès son arrivée en France le discours étatique le plus lénifiant, n'évitant même pas la formule devenue célèbre de l'Algérie qui "va de l'avant", ou que dans le même roman, un autre personnage affirme, contrairement à l'évidence non seulement politique, mais encore sociologique de l'Algérie actuelle, que la Djemaa, dont les romans de Mammeri, entre autres, nous ont montré la ruine irrémédiable face à la guerre, mais aussi à la modernité, est "redevenue le forum démocratique des hommes libres, comme dans l'ancien temps" . Chabane Ouahioune décrivant un des personnages des Conquérants au Parc rouge comme un "troubadour sans châtelaine" , et commençant ce même roman par ce morceau de bravoure stylistique qu'est la reproduction sur cinq pages de la conversation argotique de "loubards" bien parisiens. Le projet ethnographique est si impératif dans La Maison au bout des champs que Chabane Ouahioune n'y hésite pas à interrompre le récit crucial de la torture de Selma pour nous dire longuement comment, et selon quels rites séculaires, sa maison avait été construite. »
D’autres romans suivront dans la même veine. C’est en 1984, aux éditions Enal qu’ il livre son roman le plus abouti et par lequel il conquiert ses Lettres de noblesse. Il s’agit de Tiferzizouith ou le parfum de la mélisse. D’ailleurs, les éditions Enal mettent le paquet dans l’illustration de la couverture et la mise en page. La critique y a vu un roman « Vert », naturaliste, écologique. Le titre l’énonce d’emblée par la référence en kabyle à la citronnelle ( ou la mélisse) dont butine l’abeille. Dans ce roman, enfin, Chabane Ouahioune retrouve son Aigle du rocher, l’intimité avec la nature, la faune, la flore, les rivières, les ravins à travers M’hand, son personnage à la Giono et, plus algérien, à la Malek Ouary qui, dans Le grain dans la meule décrit l’Assif Nath Abbas, né des cimes du Djurdjura, aux berges herbeuses et giboyeuses. Mais le contexte historique reste celui de la guerre et de ce besoin de décrire les us et coutumes d’une société insulaire. Pourtant, le chante de la nature sauvage exprime son amour à la terre natale par ce qu’elle a de végétal, d’humus pérenne et non pas ( plus) par l’héroïsme ou le discours idéologique ou dogmatique. Le roman a eu bonne presse et les chroniques radiophoniques n’ont pas manqué de relever la naissance du roman écologique algérien. Même si, questionné à ce propos, l’auteur s’en défend sans écarter cette interprétation. Car, toute son œuvre romanesque ( sept romans) a été nourrie par la terre, comme substrat physique et symbolique. Pour être en paix avec lui-même, il dit avoir été repris par sa passion de la chasse, dévalant les ravins, suivre les méandres des rivières et surprendre en ces aurores estivales l’envol impeccable de l’Aigle du rocher. Mais la greffe n’ a pas pris. Les chasseurs aux armes traîtres ont eu raison de son élan. Ouahioune arrête son œuvre romanesque à l’orée des années quatre vingt dix, rouges et noires du terrorisme. Mais il se fait chroniqueur hebdomadaire au journal Horizon puis au Soir d’Algérie. Dans ses chroniques, l’actualité sanglante de son pays est fondue, comme pour la piéger dans ses salissures, ses horreurs, dans un amour, une sensualité, une sensibilité à fleur du mot, à son terroir si divers, si beau, si floral, si humain dans sa sévérité et sa vérité montagneuses.
Cette rentrée littéraire de 2010, après plus de vingt ans d’absence de la scène littéraire, Chabane Ouahioune revient, à 89 ans, au roman avec L’aigle du rocher attendu aux éditions Enag. Il l’a conçu, dit-il, comme un legs à ses petits-enfants qui lui ont demandé expressément de leur conter la Kabylie qu’ils ne connaissent pas suffisamment, parce que nés et vivant en France. Il y fait parler un aigle dans ses voyages célestes au-dessus de la Kabylie, de ses montagnes, de ses villages qui se pressent sur leur cime où s’égrènent sur leur flanc, des rivières aux méandres serpentant les obstacles des ravins, des plantes, des animaux dont il est le prédateur, des arbres amoureusement greffés. Bref, L’aigle du rocher, c’est lui, Chabane Ouahioune.
Par Rachid Mokhtari.
Un grand merci a Juba Ouahioune pour la photo du haut de Tassaft Ouguemoune en hiver .
Source : http://www.blogg.org/blog-85611-billet-chabane_ouahioune__grande_figure_de_la_litterature_algerienne-1253856.html
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Le rebelle...
21/06/2010 01:10
Assagi lliɣ
Assagi lliɣ azekka wissen Nniɣ-d ayen ẓriɣ D wayen a ttwaliɣ Cfut di targa ma ɣliɣ D anza-w aa wen-d-yessiwlen
Ya lemri fki-ɣ-ak-n udem-iw Tṛeðmeḍ-t-id s ccwami Mi kkerɣ ad qazmeɣ lebɣi-w Iḍelb-iyi-d ayagi D idammen-is neɣ d idammen-iw D netta neɣ d nekkini
Ifer n leḥbeq yugad Yugad taɣert d-ileḥḥun Ul-iw kecment-ett tiqqad T-times i t-id-yettsuḍun Abeḥri n lḥif a yettzad Bɣan awal a ɣ-t-ɣbun
Bɣan a ɣ-ḥeṛṛen s amḍiq Iweryan heggan-aɣ-ten Mi newqeε an-nettijjiq Llazuq ger wafriwen Ajenwi a d-yas s aεenqiq A ɣ-zellun yiwen yiwen
Xas ḥeṛṛen-iyi ṛebεa leḥyuḍ Xas lfinga a tt-waliɣ Xas lḥif a yi-d-isuḍ Xas yecceḍ webrid aa awiɣ Ma nnan-iyi-d s anda tleḥḥuḍ A sen-iniɣ nek d Amaziɣ
Je suis
Aujourd'hui vivant, demain, qui sait ? J'ai dit ce que je sais Et ce que je vois, Il vous en souvienne: si je sombre dans la rigole Mon spectre vous appellera.
Miroir, je t'ai offert mon visage: Tu l'as lapidé de balafres. Me dressant pour affronter mon désir, Il exigea de moi ceci: Mon sang ou le sien; C'était ainsi: c'était lui ou moi.
La feuille de basilic se terrorise, Se terrorise à la sécheresse accourant. Mon coeur est creusé des brûlures, Du feu qui souffle sur lui. Voici que le vent du malheur s'affraîchit, Ils veulent en nous bannir jusqu'à la parole.
Ils ont dessein de nous barrer la route, Les gluaux pour notre capture sont apprêtés. Aux abois nous criaillons, La résine entravant nos ailes. Le poignard s'aiguise à nos cous, Ils nous égorgeront les uns après les autres.
Si quatre murs m'enserrent, Si je ne vois que l'échafaud; Si la misère m'aspire Et si mon chemin est une pente au gouffre; Que l'on me dise: Où crois-tu aller ? Je clamerai: Je suis Amazigh !
Traduction et adaptation par Yalla Seddiki - Mon nom est combat.
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Commentaire de Kabylie (09/10/2010 18:04) :
Yiwen yeqqim Ɣef ukersiw yettxemim Ɣef TamaziƔt; wayed
yeqqim Ɣef TamaziƔt yettxemim Ɣef ukersiw ....
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