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Kabylie

VIP-Blog de kabylie
a111@sympatico.ca

  • 121 articles publiés dans cette catégorie
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  • Créé le : 15/10/2006 01:49
    Modifié : 19/03/2016 00:05

    Garçon (0 ans)
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    Internet / Algérie : "Google.dz" officiellement lancé

    18/08/2008 14:20

    Internet / Algérie :


    http://google.dz/

    image

    "Google.dz" est enfin disponible : Désormais, les internautes d’Algérie pourront accéder aux plus fameux des moteurs de recherche par le biais de l’extension assignée au pays, c’est à dire DZ. Une donnée que l’on peut facilement vérifier en saisissant, dans la barre de navigation de son browser préféré, l’adresse en question.

    Dans la correspondance destinée au webmestre de l’emplacement dédié à l’informatique et aux nouvelles technologies, la porte-parole avait laissé exprimer sa joie de la disponibilité de Google.dz pour les internautes algériens tout en révélant qu’il va y avoir, dans les semaines à venir, deux versions différentes. L’une en arabe,l’autre en français.

    Par ailleurs, elle avait informé, que du côté de Google, on était au courant des petites difficultés rencontrées par un nombre « limité de visiteurs voulant accéder à Google depuis l’Algérie ». Elle a ajouté que ces problèmes ont été résolus.

    Il s’avère ainsi que, ce qui pouvait sembler être une erreur technique, il y a quelques jours, est en fait un nouveau nom de domaine destiné aux utilisateurs des services de l’opérateur américain en Algérie.

    Si l’on se réfère à la page de Google qui répertorie les différents pays où le moteur propose ses services, l’Algérie serait le 163 ème pays à bénéficier d’un domaine local. Aussi, faut-il le signaler, notre pays est le vingt septième pays africain à intégrer cette liste  et le onzième pays arabe (après, par ordre alphabétique, l’Arabie Saoudite, Bahreïn, Djibouti, l’Égypte, Les Émirats Arabes Unis, la Jordanie, Libye, le Maroc, Oman, Qatar). Le retard relatif dans l’attribution de ce nom de domaine peut s’expliquer par la difficulté rencontrée lorsqu’il s’agit d’acquérir l’extension dz auprès de l’organisme qui gère le dépôt de noms de domaine internet en Algérie(Cerist).

    Avec le lancement de google.dz, l’image de marque du portail, référence en la matière, se verra renforcée en Algérie. Inutile de rappeler qu’avec cette opération, les internautes algériens s’approprieront encore mieux le robot le plus efficace au monde.

    D’un autre côté, le célèbre mesureur d’audience Alexa, lui aussi américain, a déjà attribué un classement à ce site. Google version Algérie est doté du numéro : 3 355 539. Cela va de soit que ce chiffre est appelé à diminuer vu le nombre toujours croissant des internautes algériens.

    Source : http://www.latribune-online.com/l_info_en_continu/3928.html






    Timlilit n Imazighen - Nouvelle émission en Tamazight à Montréal - Samedi à 21h.

    09/08/2008 03:15

    Timlilit n Imazighen - Nouvelle émission en Tamazight à Montréal - Samedi à 21h.


    Radio

    Madjid Benbelkacem et Mourad Mahamli viennent de décrocher une émission entièrement en Tamazight sur les ondes de Radio Montréal CFMB.

    "Timlilit n Imazighen" (Rencontre des Berbères) sera diffusée tous les samedi de 21 heures à minuit avec un contenu construit autour de nouvelles cuturelles, des reportages et entrevues.

    Avant qu'ils ne s'installent à Montréal, Madjid et Mourad étaient tous les deux journalistes sur les ondes des radios algériennes Chaîne 2 (Kabyle) pour le premier et Beur FM  pour le second.

    Dès leur arrivée à Montréal, ils rejoignent les mouvements associatifs.

    Après la réussite de leur émission (en français) sur les ondes de Radio Centre-Ville, ils viennent renforcer les médias amazighs avec cette nouvelle émission.

    Soyez au rendez-vous de 21h à Minuit sur les ondes de CFMB 1280 AM ou

    par internet : www.cfmb.ca/default.asp

    Source : http://www.kabyle.com/timlilit-n-imazighen-nouvelle-emission-en-tamazight-montreal-samedi-21h-1852-300708



    Commentaire de samira (20/09/2008 13:46) :

    j'adore!!!!!! je suis completement émue ;


    Commentaire de moha (22/03/2009 21:03) :

    votre region est tré belle ..elle ressemble beaucoup a chez nous dans le nord du maroc le rif ou je suis originaire je vous propose d'aller sur blog azhgar ouled amghar vip il ya bcp de simulitude avec votre chere region merci atass ayma

    zinah.mohamed@hotmail.fr




    KABYLIE : Vacances au pays des ancêtres...

    18/07/2008 05:41

    KABYLIE : Vacances au pays des ancêtres...


    Les mères des jeunes émigrés en âge de se marier usent de toute leur diplomatie pour dénicher cette belle-fille obéissante et de bonne famille. Elles profitent de toutes les fêtes où elles sont invitées pour sélectionner la fée disposée à devenir femme au foyer en France.

    C’est l’été, c’est le début des vacances. A l’aéroport d’Alger, le quai des arrivées prend sa revanche sur son rival de toute l’année, celui des départs. La communauté algérienne résidant à l’étranger, afflue vers le parking à quelques centaines de mètres. Des proches de tous âges se précipitent vers la sortie de l’aéroport Houari-Boumediène. Ils ont hâte d’arriver là-haut, dans les villages des hautes montagnes de Kabylie qui n’a rien à envier à ces régions touristiques européennes. Malgré l’idée qu’ils se sont faite sur le manque de moyens, peu leur importe, la nostalgie pour certains et la curiosité pour les plus jeunes sont plus forts que les racontars des vieux ou de la presse.
    Les taxis, à l’extérieur de l’aéroport, profitent de cette embellie de travail à profusion. Les familles s’impatientent de voir la voiture avaler les kilomètres d’autoroute, qui les séparent du début des côtes qui serpentent de Naciria. Les montagnes apparaissent à partir de là. Quel frémissement à leur première vue! C’est bon, ça y est, c’est le bled des ancêtres. Au village, les gens sont pressés de voir «les émigrés» qui sont arrivés la veille. Certains les connaissent, d’autres pas.
    Dans le pays qui les a vu naître et partir, les gens n’ont pas la même idée des émigrés que celle qu’on a dans les pays d’accueil. C’est au début du XXe siècle que des vagues importantes de jeunes sont parties au-delà des mers pour travailler et subvenir aux besoins de leurs familles «nombreuses» restées au bled. Ceux-là qui sont partis pendant les années 20 et 30 sont maintenant vieux et en retraite, ils ont les mêmes mentalités, les mêmes façons de voir et de penser que ceux qui sont restés au pays. Leurs habitudes vestimentaires ne diffèrent en rien et leur façon de parler reste pareille à celle de leurs concitoyens qui n’ont pas immigré. Ces vieux fortunés passent la moitié de l’année dans leur pays et l’autre dans des chambres d’hôtel qu’ils louent en continu dans l’Hexagone. Ils vivent de leur retraite ici au bled. Leurs familles vivent de cet argent qui se fructifie au gré des péripéties du cours de la monnaie nationale.
    Les années 40 et 50 ne font pas exception. Bien au contraire, le nombre des partants est nettement plus important. La région de Kabylie a connu un véritable exode. Une génération est partie rejoindre une autre, essentiellement en France. En ces temps de misère et de guerre, les montagnards étaient d’une pauvreté indescriptible. «Avant de partir en France rejoindre mon oncle, raconte Dda Ahmed, nous consommions le couscous tiré de la farine de gland et non de blé. Nous n’avions que la végétation qui poussait dans la montagne», continue-t-il se remémorant ces temps de disette qui l’ont poussé à l’exil. Cette génération forgée dans l’indigence, n’a rien perdu de son caractère de montagnard kabyle. Pendant leur séjour au pays, ils passent leur temps, comme leurs parents d’antan, à élaguer les oliviers, les figuiers et à drainer les ruisseaux dans leurs champs. Après les travaux, Da Ahmed passe ses soirées au café du village où, sirotant une boisson gazeuse, il joue aux dominos.
    Vers la fin des années 70, à la faveur de la loi autorisant le regroupement familial, cette première catégorie s’installera, dans la durée, en France, en y emmenant femmes et enfants. Ce sont ces enfants, qui grandiront, pour leur écrasante majorité, dans les habitations à loyer modéré, qui marqueront la différence.
    A partir de cette génération, les émigrés qui venaient passer les vacances au bled, diffèrent dans la façon de penser, de s’habiller et de concevoir les choses par rapport à leurs cousins, amis, oncles, frères et autres restés au pays. Leur enfance et leur jeunesse sont forgées dans ce milieu de l’émigration avec les voisins. Ce sont généralement des Marocains, des Tunisiens ou des Turcs. Cette génération d’émigrés, une fois au bled, a d’autres préoccupations et d’autres intérêts. Arrivés à l’aéroport Houari-Boumediene ou au port d’Alger, destination la Kabylie pour d’autres découvertes, d’autres attraits et d’autres façons de passer les vacances au bled de leurs parents.

    Vive les filles du bled!
    Loin ces temps-là où l’émigré ramenait dans ses valises des vêtements pour toute la famille. Il est loin le temps où le fils parti gagner sa vie et faire vivre la famille revenait avec de l’argent dans les poches qu’il remettait au père. Le temps, à présent, est à autre chose. Les émigrés, arrivés dans le village, ne connaissant que de rares personnes, s’en vont vers les plages. Ils aiment surtout découvrir d’autres régions du pays. Mouloud, vivant à Amiens en Picardie, nous dira qu’il préfère passer ses vacances, non dans son village mais à Béjaïa. Cependant, le phénomène le plus important qui fait son apparition ces dernières années, est d’une tout autre nature. La recherche de l’âme soeur. Comme les jeunes Algériens du bled, ceux qui viennent en vacances montrent un intérêt marqué pour les filles du bled. Nous avons voulu comprendre ce phénomène; alors, nous nous sommes rapprochés de certains jeunes émigrés qui sont arrivés au bled. À ce sujet, Karim, un jeune, travaillant dans un restaurant dans la ville de Tizi Ouzou se montrera excité à l’idée de pouvoir «aguicher» une «émigrée» de nationalité française. «Mon but, cet été, est de me trouver une émigrée de nationalité française ou la double nationalité.» Pour cela, nous indiquera-t-il, les vacances aux plages de Tigzirt ou Azefoun sont une aubaine. Un autre vendeur de CD-ROM à la sauvette sur la route du stade du 1er-Novembre nous racontera son histoire. «C’est à l’occasion d’une fête de mariage, dans notre village, que j’ai réussi à avoir une belle fille à double nationalité.» II dira, tout excité, qu’il l’attend pour cet été.
    En été donc, beaucoup de jeunes vont sur les plages de la côte kabyle, dans l’unique but de faire la chasse aux émigrées. L’espoir de trouver un moyen de s’installer dans l’Hexagone fait marcher un grand nombre de jeunes chômeurs, voire de diplômés des universités. Dans tous les villages de la région, les histoires de ceux qui se sont installés en France par des mariages font légende.
    Mais, paradoxalement, il n’y a pas que la chasse aux émigrées binationales. Inversement, un phénomène nouveau prend, à une vitesse vertigineuse, de l’ampleur. Les jeunes émigrés, nés ou ayant grandi en France, se marient de plus en plus avec des Algériennes vivant dans le bled.
    Venus d’un pays où la liberté de choisir et de connaître son partenaire n’a pas de limites, beaucoup de ces jeunes émigrés qui ont fait leurs études dans les lycées et les universités françaises font la chasse aux filles du bled. Pour comprendre ce phénomène pour le moins paradoxal, nous avons approché cette catégorie dans les villages.
    Youcef, vivant dans la banlieue parisienne, en vacances au bled, préfère les filles du pays pour leur fidélité. Il dira, à ce propos, que les gens qui se sont mariés avec des filles d’ici (du bled) ont tous ou presque réussi leurs mariages. «Je connais des gens qui se sont mariés, depuis longtemps et ils n’ont pas divorcé», affirme-t-il pour se convaincre.
    Un autre phénomène est venu cependant se greffer au précédent. Il y a une religiosité plus «accentuée» chez cette génération d’émigrés. Ceux-là ne cherchent pas une épouse dans les plages, mais visent plutôt les filles sans emploi et qui ne voient pas d’inconvénient à devenir femmes au foyer dans l’Hexagone. Kheider, jeune célibataire, vivant à Amiens, en Picardie, nous dira que c’est un péché d’épouser une fille qui ne porte pas le voile islamique. «Je veux me marier avec une fille du bled, mais elle devra porter le voile, une fois en France», dira-t-il, fermement. Les mariages arrangés entre familles aussi font légende pendant les mois de vacances. Les mères des jeunes émigrés en âge de se marier, sont comme celles des jeunes d’ici. Elles usent de toute leur diplomatie pour dénicher cette belle-fille obéissante et de bonne famille. Elles profitent également de toutes les fêtes où elles sont invitées pour sélectionner la fée disposée à devenir femme au foyer en France.

    Ils payent cash
    Les vacances des émigrés ne profitent pas uniquement aux jeunes célibataires des deux côtés de la Méditerranée. Avec un taux de change de 1200%, c’est-à-dire l euro pour 120 dinars en été, les émigrés se permettent de consommer, pendant les deux mois de vacances, dix fois plus que les gens des villages. Les commerçants font une belle affaire. Rabah, tenant d’une petite boutique d’alimentation générale au village, nous dira que les émigrés lui permettent de respirer. Travaillant avec les gens du bled avec une formule de crédit payable chaque mois, il doit user de ses fonds propres pour combler le déficit de sa balance commerciale.
    Mais, voilà, lorsque les gens de là-bas arrivent, son magasin est alimenté quotidiennement. «Chaque matin, je dois retourner au marché de gros en fruits et légumes de Tala Athmane», nous révèlera-t-il, tout content. Fait bizarre aussi, les émigrés de France achètent également dans les magasins d’électroménager et de vêtements. «La mode est aussi au top chez-nous», dira fièrement un jeune lycéen en discutant avec les jeunes émigrés déjà arrivés. Dans la ville de Tizi Ouzou, les marchés et les étalages sur les trottoirs attirent aussi les jeunes émigrés. La profusion de la marchandise à bon marché est une aubaine pour eux. La contrefaçon permet d’imiter les marques les plus chères en Europe. Sauf que là-bas, le contrôle est si rigoureux que leurs prix restent toujours au-dessus des bourses des émigrés.
    Nos discussions avec des éléments de la communauté kabyle en France ont attiré notre attention sur un phénomène que les organismes en charge de l’émigration en France doivent prendre en considération. Les démarches entreprises pour l’intégration de cette communauté dans le tissu social européen, devront s’intéresser à la société d’origine de ces émigrés.
    Nous avons constaté des sentiments de religiosité et de conservatisme plus accentués chez les émigrés que chez leurs concitoyens du pays. Les vacances n’en sont qu’à leur début, les gens aiment retrouver leurs familles exilées. II y a du plaisir à se retrouver et cela se voit dans tous les villages où une nouvelle ambiance s’installe chaque été.

    Kamel BOUDJADI

    Source : http://www.lexpressiondz.com/article/8/2008-07-16/54467.html






    Ath Ouabane (Tizi Ouzou) “Tiregwa” ou le coup d’envoi de la saison fertile

    30/06/2008 11:15




    Comme chaque année, les villageois d’Ath Ouabane, dans la commune d’Akbil, à 60 km au sud-est de Tizi Ouzou, organisent une cérémonie d’offrandes pour le saint appelé, communément Sidi Hend Amrane, une fête régionale où des milliers de personnes se rencontrent dans une convivialité qui les rassemble. À L’origine, la pratique ancestrale du “timechrat” poussait les gens à prendre en charge leur sort face aux difficultés du temps. Ainsi, à cette occasion, de nombreuses têtes de bovins sont sacrifiées et tous les foyers du village, au soir, se gaveront d’un dîner au couscous-viande.  C’est aussi le moment capital pour tous ces agriculteurs de se rassembler pour remettre l’eau d’irrigation soigneusement contrôlée dans les rigoles qui se déversent dans chaque lopin de terre, jardin et vergers. “Avant, l’occupation de tous les villageois était limitée à la terre, source de vie dans les périodes les plus difficiles, de nos jours, les jeunes ne se contentent que de quelques rentes arboricoles”, dira une vieille femme. C’était la terre qui les nourrissait avec la bénédiction de Sidi Hend Amrane du village qui, pour rappel, a subi les pires contraintes de la guerre de Libération durant laquelle il a été quasiment détruit par l’armée française. Le coup d’envoi de la saison de fertilité, cette année se fait de bon augure car la richesse arboricole donne espoir à tout le village. La cerise donnera cet air de fête aux propriétaires qui auront du cœur à entreprendre d’autres projets dans le domaine de l’agriculture. Telle la cerise sur le gâteau, les organisateurs de cette cérémonie annoncent une bonne nouvelle aux villageois : “La caisse du village vient d’être alimentée d’une somme de 612 500 DA”. Dans une totale équité et transparence, les projets du village et les nécessités les plus urgents prendront leur part. 

    Par :Rédaction de Liberte

    Limara B.






    Un trouvère kabyle au « pays du soleil froid »

    12/05/2008 00:16

    Un trouvère kabyle au « pays du soleil froid »


    Rencontré chez lui en plein milieu de Montréal, Belkacem Ihidjaten est un homme de sens rassis, sagace et bien dans ses « babouches ». Comme diraient certains pince-sans-rire. Le sourire aux lèvres, il m’accueille les bras ouverts. Et m’invite to de go à m’attabler derrière sa demeure, dans ce qu’il aime appeler «son petit coin de Kabylie », un jardin soigneusement entretenu où poussent des figuiers, des poiriers et quelques légumes. Le front prématurément dégarni, la chevelure entièrement grise, le teint légèrement bronzé, le geste naturellement mesuré, l’homme inspire le respect et en impose en même temps. À cause peut-être de ce je ne sais quoi, difficilement définissable, consubstantiel aux personnalités des poètes, de tous les poètes.

    Il faut savoir que dans la culture berbère, les croyances populaires, encore très vivaces, les assimilent encore et toujours à des êtres surnaturels ou du moins en contact, permanent ou épisodique, avec toutes sortes de génies du verbe et de la rime. Sans vouloir être excessif, ils ne sont pas seulement que révérés, mais carrément craints. Il ne faut même pas penser les offusquer. On ne sait jamais !
    Même si je ne l’avais jamais rencontré auparavant, le courant passe immédiatement entre nous. Pour être tout à fait sincère, j’avais l’étrange impression que l’on se connaît depuis des lustres. Tellement sa manière d’être m’est familière. Un peu comme de vieux amis qui se retrouvent après des années de séparation. S’exprimant, indifféremment, en français et en berbère, notre discussion part sur les chapeaux de roue. Et c’est vraiment le cas de le dire. Car, par moment, afin de ne pas trop s’éparpiller en vaines digressions, je me battais les flancs, autant que faire se peut, pour cadrer notre échange. Sans forcément incommoder mon interlocuteur. L’appréhension du poète peut-être !
    Sans affectation aucune et sans jamais se départir de ce bagout propre aux Méditerranéens, nous n’avons de cesse de discuter, des heures durant, de son cheminement créatif. Même si vraiment rien, de son propre aveu, ne le prédisposait à devenir un versificateur verveux et prolixe. Il se surprend lui-même, sincèrement, encore aujourd’hui, de tous les échos positifs qu’a rencontrés son œuvre ici et là. En tous les cas, pour lui, devenir poète «n’était dû qu’au hasard ». Un peu comme toutes les bonnes choses de la vie «ça n’a jamais été une entreprise mûrement réfléchie, c’est venu comme ça, tout naturellement».
    Guerre et « vie »
    Ouidja Boussad, de son vrai nom, est né un 11 juillet 1956 à Guendoul, un petit village, au fin fond de la Kabylie. Connue pour être extrêmement jalouse de son identité et de sa liberté, cette région du Nord de l’Algérie, désespérément et rageusement berbère, en a fait voir des vertes et des pas mûres à tous les colonisateurs qui osaient s’en approcher et a fortiori l’assujettir. Encore au jour d’aujourd’hui, elle continue à donner du fil à retordre au pouvoir central algérien. Bien que celui-ci use et abuse, tantôt, de la politique du bâton et, tantôt, de l’achat tous azimuts des consciences et des âmes. En fait, aussi loin que l’on remonte dans le temps, la Kabylie a sans cesse eu des rapports conflictuels avec toutes les forces qui voulaient lui mettre le grappin dessus. Et ce n’est pas près de changer.
    D’ailleurs, la naissance de notre habitant du Pinde a coïncidé avec un autre conflit, autrement plus cruel. Il s’agit de celui qui a été lancé contre la France, la puissance occupante d’alors. Un véritable casse-pipe où se sont engagés les meilleurs enfants de la Kabylie. Sans aucune hésitation, massivement, corps et âme. « Ce n’est pourtant pas du fait de cette guerre que j’ai perdu mon père», m’avoue-t-il sans aucun trémolo dans la voix. « Je ne l’ai jamais connu, car il est décédé alors que je n’avais en tout et pour tout que 40 jours », ajoute-t-il. Placidement. Froidement. Sans que cela soit vécu comme un drame. C’est du moins l’impression qu’il donne.
    À quelque chose malheur est bon, le petit Belkacem, en «sa qualité » d’orphelin et grâce -il faut quand même le préciser- au coup de piston salutaire d’un cousin éloigné, a été inscrit en 1962 à l’école primaire d’Imzizou, non loin de son village natal. Dans une Kabylie, appauvrie et saignée à blanc par huit longues années de guerre. Ce qui était à l’époque, comme on peut bien l’imaginer, un privilège que peu d’enfants de son âge pouvaient s’offrir. «Si je n’étais pas entré à l’école, en ce moment où je vous parle, j’aurais déjà une longue ‘’carrière’’ de berger derrière moi », reconnaît-il, ironiquement. « Ce qui n’aurait pas été vraiment grave. Qui sait ? Mon destin aurait peut-être été mieux », continue-t-il en esquissant un sourire fugace.
    À la bonne école
    Même s’il était scolarisé, il avait eu malgré tout sa part dans le «dur » métier de berger. Puisqu’il était le plus jeune de la fratrie, il devait donc garder les animaux domestiques de la famille. Comme tous les petits campagnards berbères de son âge. Mais rassurez-vous, ce n’était nullement une perte du temps. Loin s’en faut. Car, tout en gardant ses moutons, il a eu l’occasion de découvrir en même temps, grâce notamment aux bergers plus âgés, le patrimoine poétique kabyle.
    Un précieux trésor charriant, depuis des temps immémoriaux, le génie créateur du peuple berbère et célébrant, dans toute sa splendeur, sa geste immensément riche. Dont bien évidemment les poèmes de l’aède légendaire Ssi Mhend Ou Mhend. D’ailleurs, à y regarder de plus près, la patte de ce dernier est on ne peut plus patente dans la poésie de notre amant des Muses. « Être berger était une petite école où j’ai appris énormément », résume-t-il, laconiquement, en assumant pleinement ce qu’il était.
    Qui plus est, «les Kabyles sont tous quelque part des poètes », énonce-t-il très affirmatif. En fait, il n’a pas vraiment tort. Comme dans toutes les sociétés traditionnelles de par le monde, la poésie a eu et a de tout temps une place prépondérante dans toute production symbolique. Et les Kabyles, dans ce cas précis, ne dérogent pas vraiment à la règle. La poésie balise systématiquement tous les moments tristes ou heureux de leur vie. Pour les sceptiques, qu’ils testent le premier kabyle qu’ils croisent. Ils seront vraiment surpris !
    Il ne faut pas non plus omettre le rôle de la radio dans cette initiation poético-musicale. Pour la télévision, elle n’était pas encore en vogue à cette époque-là. En tous les cas, même lorsqu’elle a été créée des années plus tard, les Kabyles n’y avaient tout simplement pas accès. En raison de l’idéologie intrinsèquement et ouvertement anti-berbère (feu Boumediène par exemple avait interdit l’usage en public du berbère) du régime algérien. La situation a-t-elle évolué depuis ? Oh que non ! Hélas, elle n’a pas bougé d’un iota. Nonobstant les discours pléthoriques et les promesses sans lendemain.
    Reste que les premières années de l’indépendance, la radio publique algérienne- la chaîne 2 plus exactement- passait la musique berbère à des moments où justement le petit Belkacem gardait, tranquillement, ses moutons dans les hauteurs spacieuses de la Kabylie. « C’est-à-dire entre 6 heures et 9 heures du matin ; 15 heures et 21 heures. On écoutait Cheikh Nourdine, Chérif Khaddam, Nouara, Mohamed Saïd Ou Saïd... Mais Aït Mengelluet, malgré les reproches que l’on peut faire à l’homme, reste le poète qui m’a le plus marqué, car c’était et c’est toujours, à mon propre avis, un très fin connaisseur de l’âme berbère », explique-t-il admiratif.
    Plus que fasciné par toute cette génération de chanteurs plus doués les uns que les autres, Belkacem, en autodidacte qui en veut, a décidé, en 1968, de fabriquer, tout seul, son instrument à cordes -une petite mandoline pour être plus précis- avec des matériaux de récupération. « C’était suffisant pour jouer mes premières notes », se rappelle-t-il les traits subitement rieurs. Et comme le hasard arrange bien les choses, son frère aîné a réussi, par on ne sait quel miracle, à se procurer une guitare qu’il cachait, indiquons-le, dans un galetas en dehors de la maison familiale. « Car il est hors de question de jouer de la musique en famille et encore moins en public. À cause de l’image dépréciative, voire péjorative, qu’ont les chanteurs dans l’imaginaire populaire. En fait, ce n’est pas les enfants bien nés qui deviennent des chanteurs. À telle enseigne que c’est quasiment assimilé à un déshonneur ineffaçable », précise-t-il sans épouser le moins du monde cette vision éculée des choses.
    « Je n’avais pas trop le choix : si je voulais continuer ma passion, il fallait donc faire les choses, systématiquement, en cachette et me méfier de tous ceux qui pouvaient me dénoncer à la famille, se souvient-il amusé. Un jeu du chat et de la souris s’engagea alors avec mon entourage. Un exemple. En pleine chaleur torride de l’été, même si c’était cocasse comme situation, je n’hésitais pas à mettre mon burnous de laine épaisse pour une seule et unique raison : y dissimuler, discrètement, la guitare que je dérobais à mon frère, car lui non plus n’était point au courant. »
    Écolier consciencieux
    Chemin faisant, pour suivre sa scolarité, il est obligé de rejoindre tout naturellement le collège de Mekla, à quelques encablures de son village. En même temps, sa maîtrise de la guitare étant devenue assez suffisante, il était donc systématiquement sollicité pour animer les fêtes scolaires. « Ma première présentation publique a été dans le cadre des activités culturelles de mon collège : j’ai accompagné une camarade de classe, très douée d’ailleurs, pour interpréter l’une des dernières chansons d’Aït Menguellet à cette époque-là ; nous avions fait, tous les deux, bonne impression », note-t-il, un rien fier de son exploit.
    Dans le village, et surtout dans les mariages pendant les vacances estivales, c’était lui qui faisait systématiquement de l’accompagnement, mais toujours en retrait, en catimini. « Il faut tout faire pour que cela ne se sache pas, à cause de cet interdit absurde qui frappe la musique et les musiciens », explique-t-il. En disant cela, il se lève tout d’un coup et part, à la hâte, chercher sa guitare d’une prestigieuse marque à l’intérieur de la maison. Et ce pour interpréter, excellemment bien, quelques morceaux de son répertoire musical. Avec ses rythmes berbères délicatement tristes, qui arrachent forcément une larme ou deux si on est un tantinet sensible. Un moment après, il s’arrête tout d’un coup et dit, pédagogue : « En langue berbère, on ne joue pas la guitare, mais on la frappe ( kkat), pour en sortir peut-être toute la tristesse qui nous habite et toutes les blessures qui se cachent dans les plis de notre âme. »
    Exceptionnellement doué en mathématiques, le jeune Belkacem s’inscrivit, en 1974, au lycée technique de Dellys, l’un des hauts lieux de formation de la future élite algérienne post-indépendance. Et qui dit élite, dit forcément un traitement de faveur. « Vu le programme très chargé à coups de matières scientifiques (mathématiques et physique), le lycée était pourvu d’un corps enseignant très compétent et de toutes sortes de commodités pour y rendre notre passage moins ardu. D’ailleurs, il possédait une salle de musique extrêmement bien équipée où j’avais l’occasion, pour la première fois de ma vie, de toucher à tous les instruments de musique : mandoline, banjou, luth, basse... », se remémore-t-il, timidement rêveur.
    À ses débuts au lycée, il a commencé à tâter le terrain de la création. Il n’a donc pas hésité à griffonner sur papier ses premiers vers. Sur quoi portent-ils ? « Les amours de jeunesse bien évidemment, les contingences de la vie et les soucis quotidiens, souligne-t-il. Certains de ces poèmes sont sous forme de chansons que je vais un jour éditer. En tous les cas, je vais saisir tout ce que j’ai écrit dans les années 70 pour en faire un recueil. J'en ai gardé une grande partie dans mes archives personnelles. »

    Émoi
    Pour autant, comme on l’a souvent appris nous-mêmes à nos dépens, la vie n’est malheureusement jamais un long fleuve tranquille. Le lycéen privilégié qu’était Belkacem, a eu le premier choc de sa vie. Il faut bien que cela arrive, comme diraient certains cyniques. C’était en raison de l’arrestation du groupe de Mohamed Haroun en 1976, un ancien élève du lycée de Dellys, accusé d’avoir posé des bombes dans certains édifices de l’État algérien. Justement pour protester, dans un geste désespéré, contre la politique anti-berbère du régime de l’ex-président Boumediène.
    Ce jour-là, tous les services de sécurité que comptait le régime algérien ont fait une descente impressionnante dans ce fameux lycée d’habitude on ne peut plus paisible. Encerclé de toutes partes, il est passé méticuleusement au peigne fin et ses 400 élèves, tous kabyles, terrorisés des heures durant. Pour preuve, ils ont subit toutes sortes d’interrogatoires, plus musclés les uns que les autres. Ce qui ne pouvait ne pas laisser des traces indélébiles sur de jeunes adolescents à la fleur de l’âge.
    « Pour vous donner une idée de ce que nous avons subi : tous nos matelas ont été mis en charpie à la recherche de tout document en berbère. Pour éviter tout problème, j’ai été obligé, la mort dans l’âme, de jeter le seul dictionnaire berbère que je possédais», regrette notre troubadour des temps modernes. Toutefois, tout n’était pas noir, car à cette même époque il s’essayait au métier de compositeur. « En 1976 plus exactement, j’ai écrit, rapporte-t-il, quelques chansons dans notre bon vieux style traditionnel que j’ai données gracieusement à quelques chanteurs que je connaissais. »
    Son baccalauréat en poche, il dut encore une fois déménager en quittant, cette fois-ci, sa Kabylie natale. Direction l’université d’Alger. Issu d’un lycée prestigieux à cheval sur l’excellence, son passage y a été quasiment une promenade de santé. Il a même été dispensé de plusieurs matières. C’est vous dire. Ayant plus de temps libre, il ne s’est jamais séparé de sa guitare. Toujours en bandoulière, il écumait systématiquement les soirées estudiantines. Sans jamais négliger ses études. Bien évidemment. Car, au bout d’un parcours forcément sans faute, il décrocha, haut la main, son diplôme d’ingénieur.
    Il fallut donc penser à l’inéluctable service militaire. Et là, sa guitare allait lui être d’un grand secours. « Lors d’une présentation musicale privée, un haut gradé de l’armée, kabyle lui-même, qui était présent par le plus grand des hasards, a trouvé mon jeu de guitare excellent. S’informant sur mon cas, il a décidé que je devais passer mon service militaire à Alger même. Et pas n’importe lequel. J’ai été chargé d’une mission extrêmement délicate et importante : avoir la responsabilité du transport de tous les impressionnants engins destinés à la construction du monument dédié aux martyrs en plein centre d’Alger», explique notre rimailleur des monts du Djudjura. « Sinon, dans la caserne, nous ne sommes pas restés les bras croisés, ajoute-t-il, nous avions monté un orchestre qui participait, régulièrement, à toutes sortes de festivités à caractère officiel. »
    Libéré, enfin, de ses obligations militaires et encore pratiquement frais émoulu, il est nommé immédiatement à Djelfa, aux confins du Sahara. Mais au bout de neuf ans de bons et loyaux services, il demanda sa mutation qu’il n’a obtenue qu’après avoir mis sa démission sur la table. Un homme de caractère ? Certainement. Même s’il va s’en défendre. Muté donc au Nord-Ouest algérien, et plus exactement à Oran, il est promu directeur d’une entreprise publique. Avec… 150 personnes sous sa responsabilité.
    Vu qu’il en avait les moyens, il ne s’est jamais empêché de voyager un peu partout. Parmi ses destinations les plus prisées : l’Europe et l’Afrique figurent en haut de la liste. Sans vouloir succomber au cliché, ne dit-on pas que les voyages sont formateurs ? Ce n’est certainement lui qui va le nier. Mais côté poésie, c’était une très longue traversée de désert. En revanche, la guitare était fréquemment présente. Peut-il en être autrement ? Car il faut voir comment il en parle. Que des éloges à n’en pas finir ! Toujours est-il qu’avec des amis ou des collègues, kabyles ou pas, des soirées sont régulièrement organisées. « Histoire de passer un bon moment ».
    Et le terrorisme s’en mêle
    Il en sera ainsi jusqu’à l’irruption violente, au début des années 90 du siècle passé, de l’hydre terroriste, qui a fauché, impitoyablement, des milliers de vies innocentes. Dont celles de deux des plus proches amis de notre chansonnier. « Massacrés d’une manière on ne peut plus barbare ». Ayant reçu lui-même des menaces de mort, il fallait donc sauver sa peau. Aucun autre choix, il faut déguerpir. Dare-dare. Hic et nunc. Il vint s’installer avec femme et enfant- il en a juste un seul- «au pays du soleil froid », le Québec.
    Passés les premiers mois de son établissement à Montréal, la désillusion commença à pointer son nez. Comme tout immigrant nouvellement arrivé, il a eu énormément de difficultés à trouver un travail correspondant à ses qualifications. Il a fallu en conséquence se trouver une occupation pour tuer le temps, lui, qui était toujours occupé. En fait, il n’avait jamais imaginé qu’il se trouverait, un jour, dans une telle situation. « J’ai commencé, relève-t-il, à écrire des poèmes que je ne prenais jamais la peine de finir. Si je les avais tous finis, j’aurais certainement publié 100 livres. » À la même période, la rencontre avec un compatriote kabyle, et poète de son état, changera radicalement l’idée qu’il se faisait de lui-même. « Une petite comparaison entre nos poèmes m’a convaincu que je faisais mieux, se rappelle-t-il. Cela m’a encouragé à aller de l’avant et à penser sérieusement à la publication. »
    Même s’il refuse, avec beaucoup d’entêtement, de temps à autre, l’étiquette de poète, passer à l’écriture était loin d’être une chose aisée. Au fond, moins pour le caractère essentiellement oral de la culture berbère, qu’en raison du poids oppressant du contrôle social et des traditions avec leur lot d’interdits. « Car je brise cette tradition, absurde au demeurant, qui veut que je ne fasse pas de la poésie, note-t-il. D’ailleurs le premier livre a été, pour moi, une torture parce que la brisure est profondément ancrée en moi ». « Écrire est un problème, publier en est un autre », résume-t-il nerveusement.
    « Hymne à ma culture »
    Que ses fidèles lecteurs le tiennent pour acquis, en ce moment même, il est en train de faire un livre témoin où il va compiler ses meilleurs poèmes, choisis par quatre personnes différentes. « Alors que je m’attendais à ce qu’il n’en y ait pas suffisamment, je me suis trouvé avec un nombre important de poèmes », s’étonne-t-il, pas encore convaincu par la qualité de sa poésie. Peut-être à cause de cette modestie chevillée au corps de tous les Berbères. Pas toujours, il faut le dire et le répéter, de bon aloi.
    Par ailleurs, comment peut-il expliquer cette frénésie poétique –cinq recueils en peu de temps ? À l’en croire, l’inspiration ne le quitte presque jamais. Tout est prétexte à l’écriture. Parfois le mot le plus simple peut être source d’un jaillissement poétique. « Quelque étonnant que cela puisse être, 90% de mes poèmes me viennent à l’esprit en roulant en voiture. Dès que j’en ai l’occasion, je griffonne tout sur un petit calepin qui m’accompagne tout le temps », souligne-t-il. Et pourquoi la poésie et en kabyle ? La réponse est on en peut plus simple : « Je veux transmettre ma berbérité aux générations futures. »


    Quant à la forme traditionnelle du poème berbère qu’il a fait sienne et qu’il a remise au goût du jour, il s’en explique ainsi : « Un poème de neuf vers est non seulement facilement mémorisable, mais aussi ramassé, nerveux, car on va à l’essentiel, sans tourner indéfiniment autour du pot. » Et quid des mots crûs qu’il n’hésite pas à employer dans sa poésie et que certains qualifieraient de choquants ? « Je ne me suis pas exilé au Québec pour m’autocensurer », dit-il en balayant d’un revers de main ce genre de critiques qui, «en oubliant souvent l’essentiel, font une fixation sur les détails ».


    Pour conclure, on ne peut ne pas évoquer avec notre poète la solution de la question berbère extrêmement sensible pour les régimes nord africains. Il a d’ailleurs un avis sur le sujet. « Il ne faut pas se nourrir indéfiniment d’illusions. Tant et aussi longtemps que notre langue n’est pas officialisée, notre peuple restera ad vitam aeternam non-reconnu, c’est-à-dire inexistant », tranche-t-il, péremptoire. D’après lui, il faut donc tout faire pour que « notre reconnaissance soit, réellement, officielle et institutionnelle ». Avec bien entendu une démocratisation en bonne et due forme. Ce serait, à coup sûr, le début de la résolution de notre problématique. Même si beaucoup s’inscriraient en faux par rapport à sa vision, seul l’avenir est à même de la confirmer ou de l’infirmer. Wait and see. 


    Commentaire de Sheirine-Sophia (29/06/2008 08:54) :

    J'ai lu attentivement la biographie de ce poète que vous avez l'honneur de connaitre..vie jalonnée d'épreuves, d'intenses émotions, c'est vrai je partage un peu votre opinion...Les poètes ont quelque chose à avoir avec le spirituel, le divin..inspirations...et charisme important sans aucun doute...merci de nous faire partager des parenthèses lumineuses de votre vie.





    Le printemps berbère, 28 ans après…Mon devoir, notre devoir…

    01/04/2008 20:05

    Le printemps berbère, 28 ans après…Mon devoir, notre devoir…


    Martin Luther King avait un rêve. Jugurtha avait un rêve et un devoir. Il n’a pas pu réaliser son rêve, ni accomplir son devoir. Ses descendants, qu’ils parlent sa langue ou pas aujourd’hui, ils ont tous et toutes  le devoir de le faire. Personne ne le fera à leur place.

    La cause du peuple amazigh dans toute l’Afrique du Nord continue à patauger et à subir toutes les politiques d’assimilation. Elle est réduite au folklore le plus malsain en Algérie, à tyrannie la plus cruelle au Maroc et en Lybie, à l’indifférence la plus inexplicable en Tunisie.  Qui en est responsable? La réponse facile et rituelle serait celle qui incomberait toute la responsabilité aux pouvoirs politiques en place. Loin de moi l’idée de réduire la part de responsabilité de ces derniers dans l’ampleur des dégâts infligés à cette identité millénaire nord-africaine, mais, il arrive un moment où le Berbère doit se regarder dans un miroir et se dire certaines vérités. Celles-ci lui feraient certainement très mal mais il doit les affronter s’il veut aller de l’avant et réhabiliter l’héritage que ses ancêtres avaient chéri pendant des millénaires contre vents et marrés. 
    28 ans après le printemps berbère de 80, Tamazight n’a pas encore son statut officiel dans la constitution algérienne. 28 ans après le printemps de 80, l’Algérie n’a pas encore une chaîne de télévision d’expression amazighe. 28 ans après le printemps de 80, l’enseignement de Tamazight est encore optionnel et le statut de l’enseignant de tamazight est encore précaire voire folklorique. 28 ans après le printemps de 80, des millions de Berbères algériens attendent encore qu’une poignée de personnes se sacrifient encore leur jeunesse et leur vie pour arracher d’autres acquis. Et eux, que font-ils entre-temps? Leur arrive-t-il de se sentir interpelés par cette cause qui est censée être la leur aussi? Leur arrive-t-il de se questionner sur leur apport et leur contribution à cette cause et à cette culture?
    Les réponses à ces questions seraient multiples et relatives à la situation de tout un chacun.
    La première catégorie de Berbères dirait que les politiciens l’ont trahie, alors, elle se retire complètement de l’espace public laissant ainsi le champ libre à l’anarchie la plus totale qui fait l’affaire du pouvoir et de ses valets. La classe politique berbère, loin d’être homogène dans ses perspectives, a elle aussi commis des erreurs. Elle a même relégué tamazight au dernier plan pour pouvoir concrétiser d’abord son objectif partisan. Ce jeu politicien et machiavélique a non seulement nui à Tamazight mais au processus démocratique de la nouvelle Algérie. Un leader politique qui s’éloigne des aspirations de son peuple ou qui ajuste sa ligne politique au gré des conjonctures tracées dans la plupart du temps par le pouvoir ne pourrait obtenir gain de cause à long terme. Il suffit de revisiter les combats de Luther King aux États-Unis d’Amérique contre la discrimination raciale, de Nelson Mandela en Afrique du Sud contre l’apartheid, de Gandhi en Inde contre les Anglais et la violence, pour se rendre compte qu’un idéal a besoin d’une ligne conductrice stable, cohérente et constante, en plus des sacrifices suprêmes que cela exigerait de ceux et de celles qui porteraient cette lourde responsabilité devant l’histoire.

    La deuxième catégorie, quant elle, serait persuadée que Tamazight ne donne pas à manger. Alors, elle se rive vers d’autres langues et cultures pour s’assurer un statut social et matériel confortable. Cette population qui pense d’abord  à son estomac et à son confort matériel n’est pas moins responsable du chaos dans lequel se démène la cause amazighe. Elle est passive, donc, responsable d’une partie des échecs des tentatives de réhabilitation de Tamazight. Car, ce qui différencie les humains des autres êtres vivants est surtout l’esprit et la conscience. Ces personnes se font vraiment faire croire qu’elles peuvent vivre et ne pas se pas concernées par le sort de leur communauté. Ce qui serait une grave erreur envers elles-mêmes, envers l’histoire et surtout envers leurs propres enfants. Des qu’elles élèvent dans un déracinement total. C’est un fait aussi, un être humain sans repère et sans racine finit par devenir soit, un danger pour les autres ou une loque humaine sans âme.

    La troisième catégorie aurait opté pour la voie radicale, voire facile. Elle aurait carrément coupé le pont qui la lie à son identité, épousant sans regret l’identité de l’Autre. Oublions consciemment ou inconsciemment que cet Autre a travaillé très fort pour asseoir son identité et la servir. Cette catégorie est hantée par le fait de travailler sans cesse pour devenir l’Autre et lui plaire au lieu d’entretenir ce qu’elle est d’abord et pourquoi pas vivre en harmonie dans et avec la différence ensuite. Cet état relève d’un cas pathologique. Le cas de Michael Jakson est plus que révélateur. Tout son génie est réduit à néant par son obsession de venir un ‘’homme’’ blanc. Il a tellement subi d’opérations chirurgicales que son corps défendant ne peut même pas supporter l’air libre et encore moins la douceur du soleil du printemps. Au lieu d’être l’exemple de succès pour la communauté afro-américaine, il est devenu l’antithèse du combat de Luther King. Pourquoi se ranger du côté des blancs en changeant la couleur de sa peau au lieu de rester tout simplement lui-même à côté des blancs? Le parallèle est un peu fort mais il existe de ces Berbères complexés d’être eux-mêmes.

    Et enfin, Il y a cette dernière catégorie solitaire qui continue à travailler dans l’ombre pour produire loin des feux de la rampe. Cette tranche noble de la population berbère, comme elle  a compris que la communauté du destin fait défaut aux siens, elle suit le chemin de Mammeri, de Yacine et des centaines d’autres qui ont bâti, sans soutien, la base de l’édifice que Tamazight a aujourd’hui. Ces fourmis de la mémoire berbère existent en Algérie, au Maroc, en Lybie, en Tunisie, aux Îles Canarie, en Europe et en Amérique du Nord. Ces gens dévoués et désintéressés ont écrit des livres, réalisé des recherches linguistiques, sociales et anthropologiques, réalisé des films, adapté ou écrit des pièces de théâtre, conçu des sites rassembleurs pour mettre en évidence les talents des créateurs, créé des ateliers pour éduquer la relève. Cependant, tous ces efforts ne sont pas suffisants si tous les Berbères ne s’y impliquent pas.

    Donc, il est temps pour chaque Berbère de se sentir concerné par le destin commun. Il est temps pour lui de cesser d’étouffer la voix qui l’interpelle pour assurer le bien-être et l’épanouissement de son identité d’abord et de contribuer à l’édification d’une société humaine équilibrée ensuite. C’est notre devoir à tous et à toutes de retrousser les manches pour servir ce que nous sommes et ce, loin de toutes formes de violence ou du rejet de l’Autre.  Et l’étoile de Jugurtha ne fera qu’illuminer cette terre nord-africaine que nos ancêtres avaient tellement chérie. Encore, faut-il la trouver et la montrer à nos enfants!

    Source : http://www.ksari.com/_portail/index.php?option=com_content&view=article&id=56:printempsberbere&catid=33:opinion



    Commentaire de Maberouk / casanova (03/04/2008 12:00) :

    azul cher ami AREZKI Je passe te souhaiter une belle journée ensoleiller pleins de jolies choses amicalement

    http://casanova.mon-vip.com

    Commentaire de Maberouk / casanova (05/04/2008 13:45) :

    Coucou cher AREZKI je passe te souhaiter une bonne journée Et un bon week-end avec tout amitié





    MAK, la campagne de sensibilisation des kabyles continue.

    31/03/2008 02:59

    MAK, la campagne de sensibilisation des kabyles continue.


    Le MAK, dont la structuration s’intensifie, multiplie ses activités, son infatigable président, Ferhat Mehenni en tête. Bientôt sept ans depuis sa création et moins de six mois après son congrès constitutif, le MAK gagne chaque jour du terrain dans son combat pour l’autonomie de la Kabylie.

    Visites :

    -  Les 11 et 12 février 2008, Ferhat Mehenni s’est rendu à la commune de Yatafen où il a rencontré les villageois d’Ath-Ddawed, d’Ath-Saada et de Tighzert.
    -  Ensuite, il a été reçu par les villageois de la commune de Tasaft où il a rendu visite aux parents de feu son ami, Mustapha Bacha. Ferhat Mehenni a également rencontré l’écrivain Chabane Ouahioune avec lequel il s’est entretenu pendant plus d’une heure.
    -  Après cette entrevue, le président du MAK s’est rendu au cimetière d’Ath-Rvah pour se recueillir devant la tombe du géant de la culture kabyle, Muhend U Yehia.

    Conférence :

    -  Une semaine après, Ferhat Mehenni a eu l’agréable surprise que la génération actuelle d’étudiants n’a rien à envier à celle de 80, et cela à Tuvirett. En effet, les étudiants de l’Université de Tuvirett (que Ferhat qualifie de « jeunesse assoiffée de liberté et pétrie de valeurs qui fondent une nation ») ont pu imposer la tenue d’une conférence triomphale animée par le président du MAK. Il faut dire que le rectorat avait refusé cette conférence qui est la première depuis la création de cette université en 2001.

    Kamel SOUAMI

    Source : http://www.afrique-du-nord.com/article.php3?id_article=1081






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